‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 15 sur 457 · OL. cxiY, 2] partage des dignités 2t · texte numérisé non relu

OL. cxiY, 2] partage des dignités 2t

Au lendemain même des lustrations, les généraux furent convoqués en conseil, et Perdiccas leur exposa au nom du roi que^ vu les circonstances difficiles et en considération des grands services que beaucoup d'entre eux avaient rendus au roi et à FÉtat, il avait paru bon d*introduire quelques changements dans le régime des satrapies et dans les commandements militaires. Les indications plus spéciales que donnent à ce sujet les auteurs nous permettent de passer en revue les personnages les plus marquants qui jouent un rôle au cours de rhistoire des Diadoques : c'est pourquoi nous entrerons ici dans le détail.

Perdiccas devait, suivant Tarrangemenl adopté, rester dans l'entourage immédiat du roi et prendre le commandement en chef de toutes les troupes royales. Revêtu de pouvoirs illimités comme administrateur de Tempire, il aurait le sceau royal et transmettrait les ordres royaux h lous les fonctionnaires, aussi bien dans Tarmée que dans l'administration '.

Sa charge de commandant de la cavalerie' passa à Séleucos^ fils d'Antiochos, qui commandait jusque-là la garde noble. A peine âgé de trente ans^, il s'était signalé d'une façon éclatante à

système ; mais, comme on trouve par la suite le dernier système réellement appliqué, on peut conclure avec quelque certitude qu'il y a eu modification.

*) perducto in urbem exercitu (Curt., X, 10, 1). Il y a, pour cette répartition, six listes qui, comme le montre Tordre suivi dans Ténumération, reposent toutes sur un même prototype. Deux d'entre elles, celle de Q. Curce (X, 10) et celle de l'extrait d'Arrien (xà luxà 'AXéÇav^pov) ne contiennent que la première moitié, tandis que Diodore (XVIII, 3), Justin (XIII, 3), Orose (III, 24), qni représente à tout le moins un ancien manuscrit de Justin, et l'extrait de Dexippos (ta jietà 'AXéÇavôpov) dans Photius, donnent la liste complète. Justin a eu sous les yeux un catalogue autrement disposé (Douris) que Diodore et Dexippos (Hiéronyme) : Arrien est d'acord avec ces derniers auteurs.

') Comme, d'après le témoignage exprès de Diodore, la chiliarchie passe à Séleucos, c'est que Perdiccas a échangé cette dignité contre une plus haute, et cette charge plus élevée ne peut être que celle d'ei«|uXr)XYj; autoxpdxctfp, qui en tout cas se trouve mentionnée expressément quelques années plus tard (Diodor., XVIII, 39). Cette opinion se trouve confirmée encore par un passage où Diodore (XVIII, 2) donne déjà par anachronisme à Perdiccas le titre de eicijieXYjTri; tri; paatXuac.

^) DiODOR., XIII, 4. Justin (XIII, 4, 17) qualifie cette fonction desummus castrorum (ribunatus,

*) D'après Porphyre (in Euseb. Armen., I, p. 249). Séleucos est mort en 281, dans la 75** année de son âge.

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la tête de son corps dans la campagne de llnde, notamment à la bataille de THydaspe. A la fête nuptiale de Suse, il avait épousé la fille d'un prince de la Sogdiane, Spitamëne; son caractère tenace et résolu, sa force physique extraordinaire*, jointe à un mélange singulier de bonhomie et de prudence réfléchie, qui est le trait marquant de sa physionomie, l'avaient sans doute fait considérer par Tadministrateur de Tempire comme particulièrement apte à une fonction où il aurait vu avec déplaisir un général plus ancien, autorisé par ses services à avoir plus de prétentions.

Séleucos fut remplacé à la tête de la garde noble par Cassandre, fils d'Antipater, qui, peu avant la mort du roi, était venu à Babylone avec une mission de son père. Du même âge que Séleucos* et sans avoir pris part de sa personne aux glorieuses campagnes d'Asie, il se vit rapidement élevé à un des plus hauts grades de J'arméo. Perdiccas espérait peut-être s'attacher le père en honorant le fils; peut-être aussi voulait-il avoir dans la main un gage de la docilité d'un homme qui, en raison de ses hautes fonctions et de la capacité dont il y avait fait preuve durant de longues années, pouvait se croire appelé avant tout autre à la direction des affaires.

On ne nous renseigne pas sur les autres changements que dut entraîner dans Tétat-major de l'armée^ le renouvellement du personnel des satrapies, dont nous allons parler. La répartition des provinces était chose plus importante.

La satrapie d'Egypte, qui comprenait la vallée du Nil proprement dite et les deux régions en dehors du Delta, appelées

*) LuciAN., De dea Syria. Appian., Syriac, 57. Élien {Var, Hist. XII, 16) le qualiBe de avSpcTo;.

*) Athénée (I, 18) raconte, d'après Hégésandros, qu'à l'âge de 35 ans il était encore obligé de rester assis à table à côté de son père, au lieu de se coucher sur un lit, parce qu'il n'avait pas encore abattu de sanglier à la chasse.

^) II serait intéressant, par exemple, de savoir sous quelle forme a subsisté l'institution des gardes du corps ; mais sur ce point, comme sur toute l'organisation militaire en vigueur durant les années suivantes, il nY a rien de bien clair à tirer des auteurs. Seul Aristonous, qui paraît avoir été particulièrement lié avec Perdiccas, continua à faire partie des gardes du corps, et sans doute en la même qualité, comme approchant la personne du roi.

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