‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 143 sur 457 · OL. cxv, 3] polysperchon devant mégalopolis · texte numérisé non relu

OL. cxv, 3] polysperchon devant mégalopolis

les remparts ; puis les madriers qui soutenaient les terres du rempart furent allumés : le sol s'affaissa sous le mur, et les trois tours les plus fortes de l'enceinte s'écroulèrent avec les portions de murailles qui les reliaient entre elles. Les Macédoniens, poussant des cris de joie, marchèrent à l'assaut contre la brèche. Les habitants de la ville se divisèrent rapidement, de telle sorte que, tandis que les uns repoussaient l'ennemi, favorisés qu'ils étaient par l'accès difficile du point d'attaque encore tout couvert de débris de constructions, les autres barraient en toute hâte la brèche par un fossé et, travaillant sans relâche le jour et la nuit suivaiite, construisaient derrière ce fossé une seconde muraille avec un angle rentrant. Sur le soir, voyant avec quel courage et quel succès la brèche était défendue, et sachant par les hommes postés dans les tours que derrière on avait déjà creusé un fossé et commencé un nouveau mur, Polysperchon fit sonner la retraite. Alors, les Mégalopolitains se retirèrent derrière le nouveau mur. Le lendemain, les assiégés virent que les ennemis travaillaient en grand nombre sur le lieu du combat à enlever les débris de maçonnerie et à niveler le terrain. Damis comprit l'intention de l'ennemi, qui voulait faire avancer là les éléphants. Il fit garnir un nombre considérable de grandes portes avec des clous ayant la pointe en l'air; on posa à plat ces panneaux dans des fosses peu profondes, en dedans des nouveaux ouvrages, à certains endroits où Ton avait ménagé des passages, et on les recouvrit d'une légère couche de terre : puis il garnit le mur de l'angle rentrant avec des archers, des frondeurs et des machines de trait de toute espèce, en ayant soin de laisser sans défenseurs les ouvrages qui dominaient les passages. Lorsque les assaillants s'avancèrent hors du camp en ordre de bataille et que la ligne formidable des éléphants s'ébranla sans que personne leur tînt tète, les Macédoniens crurent la chute de la ville assurée et marchèrent à l'assaut. Les Indiens juchés sur le cou des éléphants les dirigèrent sans obstacle contre les nouveaux ouvrages, et les engagèrent dans les passages. Alors les animaux allèrent l'un après l'autre s'enfoncer dans les fosses : ils poussaient des hurlements lorsqu'ils sentaient les pointes meurtrières s'enfoncer profondément dans les moignons du

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pied ; ils se blessaient de plus en plus en se démenant pour trouver une issue. En même temps, les machines de trait se mirent à les prendre en flanc; des pierres, des flèches, lancées dru comme grêle, sifflaient dans Tair : la plupart dos Indiens tombèrent morts ou blessés sous les pieds ensanglantés des animaux qui, privés de leurs cornacs, effarouchés par les cris poussés des deux côtés, exaspérés par leurs plaies cuisantes, firent volte-face et se frayèrent un passage à travers les lignes macédoniennes, écrasant un grand nombre de soldats et jetant le désordre partout.

L'insuccès de cet assaut, qui coûta cher au gouverneur général, sauva la ville*. Devant une résistance aussi énergique, il ne pouvait espérer une victoire décisive à bref délai. Il dut se hâter de retirer ses troupes affaiblies avant que Tennemi ne s'aperçût de leur situation et ne fît des sorties, d'autant plus que la nouvelle lui était arrivée d'Asie qu'Antigone se préparait à passer THellespont et à attaquer la Macédoine ellemême. Déjà aussi, en plusieurs endroits de la Grèce, des mouvements avaient éclaté en faveur de Cassandre, qui, de son côté, appuyé sur le Piréc, avait pris Égine, tenté une attaque contre Salamine, et occupé cette île après avoir livré un combat naval aux Athéniens *. Laissant un corps d'observation devant la ville, le gouverneur général se hâta d'évacuer le Péloponnèse, pour parer aux dangers les plus pressants'.

Ce qu'il craignait surtout, c'était une invasion d' Antigène en Europe. Il espérait qu'Eumène, qui avait déjà réuni des forces imposantes en'Cilicie, attaquerait celui-ci du côté de l'est et protégerait ainsi l'Europe. Or, il apprenait maintenant

1) DiODon., XVIIT, 69-71.

*) Comme il assiégeait Salamine, les Athéniens allèrent Tattaquer avec leur flotte et furent battus ; il relâcha sans rançon les Salaminiens prisonniers, et là-dessus File se rendit (Poly.en., IV, 11). Les Athéniens condamnèrent à mort le général qui commandait a Salamine, Ascétade, et jurèrent de se souvenir à tout jamais de la trahison des Salaminiens (Pausan., I, 35). Ceci se passait avant Tinstallation de Démétrios de Phalère (Pausan., 1, 25), naturellement aussi avant le congé de Nicanor, c'est-à-dire maintenant (Cf. C. I. Attic, II, no 594). C. F. Hermann (Pkilologus, ÎII, p. 548) a substitué *A<xxXTQirKi8ov au nom que donne Pausanias (I, 35, 2) : 'AffXTjTaÔov ToO ce TTjv ^oiXafilva <rcpatT|YoO.

•) if fctépa; àvayxaioTépaç npaÇeiÇ êtpéKÊTO (DiODOR., XVIII, 62).

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