OL. cxv, 3] revirement en grèce
été attaqué simultanément par lui et par Cassandre, dont la puissance avait rapidement augmenté en Grèce, et aurait infailliblement succombé.
En effet, avant même que la nouvelle de la bataille navale de Byzance et de la destruction de la flotte macédonienne ne fût arrivée en Grèce, la cause de Polysperchon y avait déjà énormément perdu. Lui qui avait proclamé la liberté, qui, en entrant en Grèce avec une armée imposante, avait commencé à parler en maitre, comme si nul adversaire n'était capable de résister à sa puissance, il n'avait pas été capable d'arracher à son adversaire les ports d'Athènes, et une ville du Péloponnèse avait pu braver l'armée royale de la Macédoine. L'effectif de son armée avait été considérablement réduit à la suite de ce malheureux assaut donné à Mégalopolis: une grande partie des éléphants était perdue. L'expédition commencée pour faire pleinement i^econnaître l'autorité de Polysperchon n'avait servi qu'à l'affaiblir complètement. De quoi servait au gouverneur général d'avoir laissé çà et là quelques garnisons? c'était une charge pour les pays où elles étaient cantonnées : elles ne servaient qu'à lui aliéner davantage les sympathies déjà bien refroidies des Grecs, qui comprenaient enfin de quelle façon il entendait rétablir la démocratie. Partout les partisans de Cassandre commençaient à relever la tête ; ils disaient que Cassandre était un tout autre homme, plus fort, plus sûr, et certain du succès ; que bientôt il terrasserait complètement Polysperchon, et qu'alors on serait forcé quand même de lui obéir. Il valait mieux pour les citoyens se rallier à lui de bonne grâce et assurer ainsi leur propre avenir. Déjà à ce moment plusieurs villes embrassèrent ouvertement la cause de Cassandre.
A Athènes, où tout d'abord on s'était jeté complètement dans les bras de Polysperchon, le zèle pour sa cause devenait de jour en jour plus tiède; on avait espéré qu'il délivrerait les ports, et on avait été déçu ; la lettre de la reine Olympias était également restée sans effet. Au contraire, les ennemis avaient pardessus le marché occupé Salamine, et les troupes d'Alexandre étaient inutilement à la charge du territoire attique. Enfin, l'un des notables proposa dans l'assemblée de nouer des négociations avec Cassandre, disant que l'alliance avec lui pouvait