ATHÈNES TRATTE AVEC CASSANDRE (TI
seule encore sauver la ville. La première effervescence qu'excita cette proposition une fois passée, on se décida à envoyer des ambassadeurs à Cassandre et à traiter avec lui aux meilleures conditions possibles. Après bien des négociations, le traité de paix fut rédigé comme il suit* : les Athéniens gardent leur ville, leur territoire, leurs revenus, leurs navires et tout le reste, et sont désormais les alliés et les amis de Cassandre. Cassandre, en. revanche, reste quant à présent en possession de Munychie et occupera Panacton*, forteresse située en Altique, sur la frontière de la Béotie, jusqu'à Tissue do la guerre contre les rois. Le reste des anciennes possessions athéniennes, notamment Salamine, demeure détaché d'Athènes : la constitution de la ville est modifiée par certaines restrictions; ainsi, ceux-là seuls seront comptés comme citoyens dont la fortune imposable s'élève au moins à mille drachmes. Enfin, les citoyens choisissent pour administrateur de la ville un Athénien, qui sera confirmé dans sa charge par Cassandre'. Les Athéniens élurent Démétrios, fils de Phanostrate, du dème de Phalère^, et Cassandre approuva ce choix qu'il avait peut-être suggéré lui-même. Enremettémt entre ses mains un pouvoir absolu, au fond, en dépit de la constitution démocratique d'Athènes, il le rendait responsable envers lui de la tranquillité et de la soumission du peuple, et Athènes, tout en conservant les apparences de l'autonomie, était en réalité sujette*.
*) La marche des événements se trouve indiquée dans un décret du dème d'iÉxonœ en l'honneur de Démétrios de Phalère (C. I Attic.,II , n*» 584) : ... xaV ico>é(ji[ou yevo|Aévou] Iv ttj /copx xa\ 5((opiff6lvT[a>v toO UtipoLidç] xa\ tov acrreo; Ôià tov [ic6Xe{Aov et; jigpiè]ac, $téXu<rE *AOY)va{ovç xa\ icàXi]v eiwcvTqyayslv eIç xb auxb x. t. X.
*) Pausan., I, 35, 5.
^) D'après Diodore (XVIII, 74), sTrttieXTjTtiç tt|ç w6Xe<dc pourrait passer pour le titre officiel du gouverneur de la ville. L'inscription citée tout à l'heure ne le permet pas : d'après Kôhler, la lacune qu'on trouve dans le passage xa\ <r[îTov eloT^yayev toîç 'A]Or}vaioiç xa\ tei xto[pot xa\ ... ] atpeOslc y«o To0 8yi[|Aou etc., ne laisse de place que pour èitiaTàT/jç ou npoffTàttïç, Strabon (IX, p. 398) dit que Cassandre litiaxr^tjt tôv icoXit(5v AiQfAi^ptov.
*) Parmi le grand nombre de textes pouvant servir à faire apprécier le caractère de cet homme remarquable, les plus importants sont Athen., XII, p. 542. Dioo. Laert., V, 75. Polyb., XII, 13.
^) Dans son livre ittp\ ty)ç «exaetstaç, que Strabon {loc, Cft.) qualifie de