OL. cxiv, 3] ptolémée lagide
par les Égyptiens Arabie ot Libye', était, grâce à sa position géographique, à sa prospérité rapide, à sa capitale Alexandrie, fondée depuis quelques années à peine et déjà florissante, une des provinces les plus importantes de Tempire. Alexandre avait mis une prévoyance et une prédilection toute parliculière à organiser ladministration de TÉgypte; il s'était attaché notamment à ne pas réunir une trop grande puissance dans une seule main. C'est abusivement que Cléomène de Naucratis, le nomarque des cercles de TArabie, qui gérait en même temps les revenus de la satrapie entière, avait pris avec le temps les attributions effectives d'un satrape *. Dans la nouvelle organisation, la province eut un satrape unique, le garde du corps Ptolémée Lagide, et on décida que Cléomène resterait en Egypte à titre d'hvparque.
La satrapie de Syrie en deçà de TEuphi^ate comprenait le pays entre le fleuve et la côte, et contenait les principautés phéniciennes. Nous ne savons en quelles mains elle avait été remise dans les dernières années d'Alexandre. Elle fut donnée
*) Arrien dit : AiÔuyj; xai Saa ttj; 'ApàScov y^ç Ivvopa AlyvicTù). Naturellement, il De s'etgit ici que des contrées de Tiarabia et de Niphœat. A coup sûr, le nom de Libye tout court ne comprend pas Cyrène ; il n'embrasse même pas. tout le domaine que Ton désignait, au point de vue politique, par le terme de Libye. Les monnaies qui portent AIBTÛN et parfois le type d'Alexandre montrent que le mot n'est pas simplement employé comme expression géographique et ethnographique, mais qu'il a désigné à une certaine époque une communauté politique, composée probablement de tribus nomades du désert. Nous n'examinerons pas ici si l'M phénicien que Ton rencontre sur ces monnaies doit s'entendre des Macédoniens, des Marmarites, ou des Makœens (voy. les diverses explications proposées dans C. MCller, Numismatique de l'ancienne Afrique, I, p. 133) ; en tout cas, les Mer -mer-ti qui, d'après une inscription hiéroglyphique de Tan 211 (Lepsius, Zeifschr,, IX, p. 1), ont été soumis par Ptolémée sont les tribus du désert qui habitent entre l'Egypte et la Cyrénaïque. — Dîins la répartition des satrapies, la Cyrénaïque paraît avoir été d'abord considérée comme faisant partie de l'Hellade libre. — Quant à l'Arabie, Pline (V, 15), parlant probablement d'après Posidonius, dit : ultra Pelmiaciim Arabia est ad mare Ruhrum pertinenii.,, Oslracine Arabia finitur,
«) Ad trantandam (vulg. tradendam) provinciam addilur (Jitstin., XllI, 4, il). On donne parfois h Cléomène le titre inexact de satrape. Pausanias, par exemple, dit : ov aatpodceuetv Aîyvircov xaTé<rnï<T£v 'A)i$av3po; (l, 6, 3) et Arrien, dans l'extrait de Photius : à il *AX6Çav5pov Tîi; «rarpairetac tav-cti; ^p^ctv TtraYtiévoç (phrase qui se retrouve dans Dexippos, fi\ 1) ; plus loin appaj^ît le titre exact : IlToXeiiaiw yicap'/o;.
24 LÂOMÉDON ET PHILOTÂS [1, 1
cette foisàLaomédon, fils de Larichos d* Amphipolis et Mytilénien de naissance. Si peu qu'il soit question de lui dans l'histoire d'Alexandre, il a dû être cependant un des hommes les plus remarquables de l'entourage du roi; avec Néarque, Ptolémée et son frère Érigyios, il avait été mêlé en 337 à ces intrigues si connues en faveur d'Alexandre et forcé de quitter le royaume. Une fois sur le trône, Alexandre l'avait rappelé, et, en 332, comme il possédait la langue syrienne, il avait élé chargé de garder les prisonniers de guerre ^ Il ne parait pas avoir occupé d'autres fonctions militaires; mais il était au nombre des trente-deux triérarques de la flotte de Tlndus, et ce fait nous montre qu'il occupait un rang et une place distingués parmi les grands.
Au point de vue militaire, la Cilicie avait une importance toute particulière, puisqu'elle assurait les communications entre l'est et l'ouest de l'Asie. Aussi, en 332, Alexandre avait-il réuni dans cette province la satrapie et la stratégie, et confié cette charge importante à un de ses gardes du corps, Balacros, fils de Nicanor. Celui-ci venait d'être tué dans un combat contre les montagnards du Taurus. La province fut dévolue cette fois au taxiarque Philotas*.
A l'ouest de la Cilicie se trouve la Pamphylie, réunie à la Lycie depuis la conquête d'Alexandre. Elle avait eu d^abord pour satrape Néarque, qui en 326 avait amené des troupes dans rinde. Peut-être ces pays furent-ils adjugés de nouveau à l'ancien gouverneur' ; peut-être cependant parut-il nécessaire de le maintenir à la tête de la flotte macédonienne dans
*) Arrian., III, 6.
*) Philotas est donné dans Arrien (III, 29. IV, 25) comme chef d'une phalange. Il joue dans les discordes ultérieures un rôle assez appréciable, comme partisan de Perdiccas.
5) Justin est seul à affirmer que Néarque a reçu la Lycie et la Pamphylie : Diodore (XVIII, 3) prétend que les deux provinces ont été assignées à Antigone. Il serait étonnant que l'amiral, qui était évidemment un des personnages les plus inQuents de la cour, fût sorti de là les mains vides : ses relations antérieures avec la Lycie et la Pamphylie, et la situation de ces provinces, si propice à la marine, semblent donner plus de poids encore à l'assertion de Justin. Malheureusement, il est impossible de déterminer la date de la lutte engagée, au rapport de Polyœnos (V, 35), entre Néarque et Antîpatridas au sujet de Telmessos.