‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 151 sur 457 · OL. cxv, 4j maucuk de cassandkk · texte numérisé non relu

OL. cxv, 4j maucuk de cassandkk

reine, Olynipias tourna sa fureur contre leurs amis. Elle Ht assassiner .\icanor, frère de Cassandre, violer la tombe de son autre frère loilas, exécuter des centaines de ses partisans, qui appartenaient à la plus haute noblesse du pays. C'est avec celte hâte cruelle qu'Olympias accomplit Tœuvre de sa vengeance. Les Macédoniens, qui avaient salué son retour avec allégresse, se détournaient maintenant d'elle avec horreur; tout le monde soupirait après un changement au pouvoir, que la colère des dieux semblait avoir fait tomber aux mains d'une reine pareille aux Furies.

Cassandre assiégeait la ville de Tégée dans le Péloponnèse lorsqu'il fut informé de la victoire d'Olympias, des actes de cruauté commis ensuite, de l'irritation générale parmi les Macédoniens. Il résolut d'aller aussitôt en Macédoine. En vain les alliés le conjurèrent de ne pas les abandonner, de ne pas les livrer à Alexandre, qui était sur le point d'envahir le Péloponnèse avec une armée : c'était plus que jamais le moment opportun pour se saisir de la Macédoine ; une fois maître du pays, Cassandre espérait venir facilement à bout de ses adversaires en Grèce. Il repassa l'isthme avec une hâte extrême et arriva enBéotie; là il apprit que, pour plaire à Olympias et à Polysperchon, les Étoliens s'étaient avancés jusqu'aux Thermopyles et barraient le passage. Pour ne pas perdre de temps, il réunit autant de navires qu'il put en trouver en Eubée et en Locride, afin de se transporter par mer en Thessalie^

En apprenant que Cassandre accourait du Péloponnèse, Polysperchon é(ait parti de Macédoine et s'était rendu par les montagnes dans la province de Perrhébie : là, il avait occupé les passages, espérant du reste que la difficulté de franchir les Thermopyles arrêterait longtemps l'ennemi. Tout à coup, Cassandre parut avec son armée en Thessalie. Polysperchon n'était pas en mesure de couvrir à la fois les défilés de la Per-

Démogène (01. CXV, 4). C'est d'après celte date assurée qu'il faut ordonner les traditions souvent embrouillées qu'on rencontre à partir de la mort d'Antipater (janvier 319).

') DiODOR., XIX, 35. A cette époque, les Spartiates redoutaient une agression de la part de Cassandre, et ils élevèrent pour la première fois une muraille autour de leur ville ((Justin., XIX, 5).

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rhébie et la roule de Tempe; il envoya en Macédoine, pour dire qu'on expédiât le plus vite possible des troupes chargées d'occuper les passages de Tempe. Déjà Cassandre avait détaché contre lui personnellement le stratège Calas*, pour le tenir en haleine pendant que Dinias, à la tête d'un corps de troupes suffisant, prenait les devants, s'emparait rapidement de Tempe et refoulait les troupes envoyées là par Olympias. L'armée victorieuse était maîtresse de la route qui va à Pella par Dion et Pydna; elle grossissait de jour en jour, en accueillant dans ses rangs ceux qui détestaient la domination d'Oiympias.

Olympias comprit la gravité du danger qui la menaçait ; comme Polysperchon avait foil à faire pour couvrir tout au moins Taccès des provinces supérieures et les routes qui mènent en Épire, elle nomma stratège Aristonous, fils de Pisaeos, qui avait déjà fait partie des sept gardes du corps d'Alexandre, en lui enjoignant de défendre le plat pays contre Cassandre; quant à elle, elle se jeta dans la ville forte de Pydna, au bord tîe la mer. Elle avait avec elle le jeune roi et sa mère Roxane, Thessalonice, Déidamia, la fille du roi ^Eacide, la fille d'Atlaie, et quantité de dames nobles. C'était une cour trop nombreuse pour le siège auquel il fallait s'attendre ; il n'y avait même pas d'approvisionnements suffisants dans la forteresse. En fait de forces défensives, la reine avait quelques cavaliers ambraciotes, la plus grande partie des troupes au service de la maison royale*, tous les éléphants, Cassandre ne les ayant pas emmenés avec lui dans le dernier hiver. Ces forces n'étaient certainement pas suffisantes pour résister au nombre; mais elle espérait pouvoir tenir jusqu'à ce qu'elle reçût des secours par mer, notamment de la part du fils de Polysperchon, Alexandre, et des Grecs, qui défendraient son gouvernement et rintérêt de la démocratie. Elle comptait qu'^Eacide viendrait d'Épire la débloquer, qu'Aiîstonous se joindrait à Polysperchon et chasserait l'ennemi.

Cependant, changeant de route, Cassandre avait envahi la

') Ce Calas est-il celui qui, dans les premières années d'Alexandre, était satrape de la Petite-Fhrygie, le fils d'Harpalos, ou était-ce un autre Calas, c*est ce qu'il est maintenant impossible de préciser.

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