OL. cxiv, 2] antigone
les mers du Sud, et de laisser provisoirement sa satrapie aux mains d' Antigone.
Antigone, fils de Philippe^ était depuis Tan 333 déjà satrape de la Grande-Phrygie. Il appartenait à la vieille génération des généraux macédoniens ; prudent, expérimenté, d'une résolution calme, il avait dû pendant ces dix dernières années donner à son autorité la ferme assiette dont elle avait besoin, surtout dans cette province entourée de brigands et d'alliés presque indépendants. Au sud, les monts Taurus étaient habités par des tribus pisidiennes qui parfois infestaient même la grande route militaire frayée à travers les passages difficiles de Termessos et de Sagalassos : tout récemment encore, Balacros avait perdu la victoire et la vie en luttant contre les deux villes des Isauriens et des Larandiens. Au nord-est, dans la partie de la Cappadoce baignée par le Pont-Euxin, régnait le vieux prince Ariarathe, qui pendant une longue suite d'années s'était efforcé d'augmenter sa puissance militaire, et qui passait pour avoir 30,000 fantassins et 15,000 hommes d'excellente cavalerie'.
*) Le renseignement donné par Élien (avToypYo; y,v à 'AvTiyovoc. Vai\ Hisi. XII, 13) provient évidemment de quelque écrit où Ton se moquait d'Antigone; Elien a dû l'emprunter à Douris> l'adversaire des Ântigonides, qui se plaisait à ces impertinences. On en trouve, du reste, toute une anthologie colligée par Élien {Var^ Hist., XII, 43} probablement dans les M axe 5 ovtxd de Douris. Ce que dit Justin (XIII, 4, 10) de Ptolémée (quem exoregario milite Alexander virtutis causa provexerat) porte la même marque de fabrique. Comment Alexandre, dès le début de la guerre, aurait-il fait d'un oÙToypybç un satrape de Pbrygie? Comment s'expliquer que, comme le dit Élien (Var. Hist,, XII, 16), il ait été inquiet de l'ambition de ce personnage? Antigone était à coup sûr de grande famille (voy. Histoire (T Alexandre, p. 89, 3) et Diodore (XXI, 1) ne dit pas le contraire quand il emploie, en parlant de lui, l'expression : il îôtwTou Yev6|xevoç ôuvacrcrj;. Du reste, avant de recevoir la satrapie de Pbrygie (333), il avait été stratège des contingents d'infanterie fournis par la Ligue hellénique, et, d'après la version arménienne d'Eusèbe (I, p. 248, éd. Schœne), il entrait déjà dans la soixantaine au moment où nous sommes.
*) DiODOR., XVIII, 16. Cf. un passage où le même auteur (XXXI, 19, 4) parle de la prétendue généalogie qui faisait descendre Ariarathe d'une ancienne famille princière de la Perse. On ne nous dit pas si la Haute-Cappadoce, qu'Alexandre parcourut en 333 et qu il plaça sous les ordres du satrape Sabictas (?) ne fut pas peut-être réunie plus tard à une autre satrapie, par exemple, à la Grande-Phrygie (Cf. Curt,, IV, 1, 35). D'après Waddinoto.n {Eevue Numism., 1861, p. 2 sqq.), c'est à cet Ariarathe qu'appartiennent les.
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Les rapports avec les voisins du côté du nord, les Paphlagoniens, paraissent avoir changé alors du tout au tout : en 333, ils s'étaient soumis spontanément au roi, à la condition qu'ils conserveraient leurs princes et que leur frontière ne serait pas franchie par les troupes macédoniennes, et on les avait placés sous la suzeraineté du satrape de la Phrygie riveraine du Pont- Euxin. Quels furent les changements introduits, nous l'ignorons* ; ce qui est certain, c'est que la Paphlagonie allait être englobée désormais dans le gouvernement d'Eumène, lequel ne pouvait être établi que par la force des armes.
Eumëne, en effet, devait gouverner comme satrape la Paphlagonie, la Cappadoce et le littoral du Pont-Euxin jusqu'à Trapézonte a Test*. Natif de Cardia en Chersonèse, et fils de Hiéronymos, Eumène, déjà au service de Philippe depuis 342, puis secrétaire particulier d'Alexandre, était, en sa qualité de Grec, d'autant moins aimé des grands de Macédoine que le roi l'avait distingué à plusieurs reprises, et récemment encore en le mariant à la fille d'Artabaze. Connaissant ces
monnaies d'argent,' frappées probablement à Sinope et à Gazioura, avec la légende nil^lN. Sur les belles monnaies de cuivre avec la même légende, voy . Mbrzbacher (Winier Niim, Zeitschr., 1874, p. 427). Il a été question de ces monnaies et des doutes qui planent sur leur attribution dans VHi^toire d'AlexandrCy p. 245, 4.
*) D'après Diodore (XVI, 90, 2), Mlthradate avait succédé en 337 à son père Ariobarzane comme souverain (tyiv paaiXetav SiaôeÇa|jL6vo;), et le même auteur dit plus haut (XV, 90, 3) qu Ariobarzane était satrape de Phrygie : o; xai MiOpiôaxou TeXsuTT^txavTOç xr,; toutou paoïXetot; xexupieuxb»; r(^ . Il est à peu près certain qu'en somme la Paphlagonie était le domaine propre de cette dynastie. Suivant Diodore (XVI, 90), ce Mithradate est resté trente-cinq ans sur le trône. On ne voit pas bien si c'est du vivant cKAlexandre ou seulement à l'époque actuelle qu'il a perdu son héritier; à partir de ce moment, il s'est rallié à Antigone et est resté en bon termes avec son fils Démétrios. Plutarque {Demelr, 4) fait ces deux princes du môme âge, alors que Mithradate avait quelque chose comme quarante ans de plus que Démétrios (Lucian., Macrob,, 13. Cf. Wesseuxg ad Diodor. XIX, 41).
*) na9>.ayo'viav xa\ Kaiwra^oxiotv xa\ itiaoLç Ta; (xuvopt^ouaa; TauTai; xtâpoLz et; 'AXIÇavSpo; oux èicTjXOev X. T. X. (DiODOR., XVIII, 3). Plutarque {Eumen. 3) dit : iiéy.pi TpaTteÇoOvTo;. Cf. Justin, Duxippos, Arrien et Q. Curce. Sur la profession et le rang de son père, voy. les commentateurs d'Élien (Vnr.Hist. XII, 43). D'après Théodoros Metochita (p. 789 éd. MûUer), Eumène aurait encore reçu la Cilicie. C'est une assertion qui, comme tant d'autres chez ce grand-chancelier brouillon, est complètement inexacte : désormais je ne citerai plus ses allégations concernant Démétrios, Perdiccas, Pyrrhos, etc.