OL. cxv, 3] marche d'antigoxe
Vers le mois de mai 317*, Antigone quitta la Mésopotamie, rallia dans la Babylonie les troupes de Séleucos et de Pithon, anxquel s'était joint Néarque, Tamiral d'Alexandre, passa le Tigre et marcha droit sur Suse.
Là, au camp des alliés, ne régnait pas précisément le meilleur esprit. Les satrapes, Tiabi tués depuis la mort d'Alexandre à se conduire par leur propre volonté et suivant leurs intérêts, tous brouillés entre eux et rivaux les uns des autres, cherchaient avant tout la faveur des Macédoniens, .les accablaient de toutes les flatteries imaginables, leur offraient à tout moment des banquets et des fêtes avec sacrifices, leun^ant la foule, comme les démagogues dans une démocratie, avec des présents, des louanges et des familiarités. Bientôt le camp ne fut plus qu'une vaste auberge, où l'on se livrait aux orgies les plus dissolues. Les soldats, de joyeuse humeur, se réunissaient chaque fois devant la tente de celui qui leur faisait le plus de largesses, l'accompagnaient comme une garde d'honneur, en disant que c'était bien là l'homme quil fallait, que celui-là était un véritable Alexandre. Alors arriva la nouvelle qu'Antigone était proche avec une grande armée. Les fêtes cessèrent comme par enchantement; on prit les armes, et les yeux se tournèrent vers Eumène, comme le seul qui fût à la hauteur du commandement. On s'empressa d'exécuter ce qu'il
') Diodore commence ici (ch. 17) rarchontat de Démoclide, qui s'est ouvert avec l'été de 316, mais qui, pour Diodore, comprend déjà l'hiver de 317 à 316. Comme, aussitôt après, l'historien fait coïncider la marche d*Antigone avec le lever de Sirius, Clinton et autres rapportent cette marche à l'été de 316 (01. CXVI, 1). Ceci est inexact, et Diodore lui-même s'est trompé dans ses calculs. Si les choses étaient telles qu'il le dit, Antigone aurait passé l'hiver de 318/7 en Mésopotamie iTcapax^ipiàda; êv MevouoTapi^at, XIX, 16) : il y serait resté inactif durant l'année 317, et de là (ex ttj; Me<joiioTa(iia; àvoÇeOÇaç, XIX, 17) serait parti pour Suse au printemps de 316, pour passer l'hiver suivant (316/5) eu Médie (XIX, 37). Or, si la bataille navale de Byzaqce est de l'année 318, et plus exactement, du mois d'octobre, comme nous l'avons admis, il en résulte qu'Eu mène est parti de Phénicie vers la fin du mois de novembre, et qu'il pouvait bien être en janvier dans les quartiers d'hiver de Carœ ; et si Antigone était parti vers le même temps de la Phrygie d'Hellespont, il pouvait bien, lui aussi, en forçant un peu les étapes, il est vrai, avoir atteint la Mésopotamie vers la fin de janvier. — Du reste, c'est à ce moment que Blitor paraît avoir été nommé satrape de Mésopotamie à la place d'Amphimachos (Appian., B. Syr, 53).
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conseillait ou ordonnait. Comme Tarmée alliée, bien que supérieure en nombre, comptait beaucoup moins de Macédoniens que Tarmée ennemie, peut-être aussi pour augmenter par un mouvement en arrière les craintes et par là même Tobéissance des troupes et la soumission de leurs chefs, Eumène, au lieu de faire marcher Tarmée de Suse sur Tennemi, la fit reculer jusqu'aux montagnes des Uxiens, après avoir recommandé à Xénophilos, commandant de la forteresse de Suse, de ne s'engager d'aucune manière avec l'ennemi, de lui interdire l'accès des trésors et de repousser toute offre de négociations. Il conduisit lui-même l'armée àquelques journées de marche dans la direction du S.-E., au pied des contreforts d'où descend le Pasitigris*. Ce fleuve, dont la largeur moyenne va jusqu'à mille pas, est si profond que les éléphants ont peine à le traverser à gué, et, sur une grande étendue, il n'y avait point de ponts. Le plan d'Eumène était de prendre position derrière le fleuve et de le garnir de troupes dans toute sa longueur, pour attendre ainsi l'ennemi. Comme les troupes n'étaient pas assez nombreuses pour établir partout des postes importants, Eumène et Antigène invitèrent le satrape Peucestas à faire venir ses 10,000 archers. Tout d'abord, celui-ci s'y refusa, disant qu'on avait pas voulu lui donner le commandement en chef et qu'on devait se tirer d'affaire comme on pourrait. Mais, d'une part, les représenta-
^) Diodore (XIX, 17) dit le Tigre, etPlularque {Eumen. 14) le Pasitigris. Sirabon (XV, p. 729) assure qu'Alexandre a franchi successivement le Choaspe, le Copratas, le Pasitigris, c'est-à-dire la Kerka, le fleuve de Dizfoul, celui de Shousler. D'après Polyclitos de Larissa, le Choaspe, l'Eulœos et le Tigre se déversaient tous trois dans un lac et de là dans la mer (Strab. loc. cit.) : suivant d'autres, ditStrabon, les cours d'eau de Suse se réunissaient ei; Sv peO|&ac xo toO Tîypno; ... îtot 8è toOtov xaxk t«; 6ff6o)itÇ ovD|iai;e<TÔai na<TiTtyptv. On le voit, le Copratas et l'Eulaeos sont bien le même cours d'eau, et le nom de Pasitigris, transporté au fleuve qui recueille tous ces affluents, sans outre raison évidemment que son étymologie grecque, désigne plus exactement le puissant fleuve de Shouster. Plme (XII, 17) dit à propos d'une plante : nascitur ultra PasUigrin in finibus oppidi Sostrx m monte Sanchro (Nôldeke, Gœtt. gel, Anzeig,^ 1874. Nachrichtenfp. 195). De Suse, on n'arrive pas au fleuve de Shouster (Pasitigris) en une journée, mais, comme le dit Diodore (XVII, 67), TexapTato;. On pourrait donc fort bien introduire dans le texte de Diodore (XIX, 17) : àwlxovra So\î««dv 7)ïilp«v ^, une correction déjà proposée, ïjjilpa; «'.