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lions d'Eamène, qui lui montrait qu'en cas d'échec sa province serait la première envahie par les vaincus et les vainqueurs, et que sa satrapie serait en danger aussi bien que sa vie si Antigone remportait la victoire, d'autre part, l'espoir secre^ que, si les troupes déjà en ligne recevaient un appoint aussi important, il lui serait facile de prendre d'autorité le commandement suprême, tout cela le décida à promettre ce qu'on lui demandait. Grâce aux postes placés à courts intervalles, à portée de la voix, et qui s'étendaient jusqu'à la capitale perso, l'ordre de faire descendre les 40,000 archers arriva en un jour à Persépolis, située à « trente journées de marche », et les renforts demandés arrivèrent.
Cependant Antigone avait atteint Suse avec ses alliés ; il avait nommé Séleucos satrape de la province, et, comme Xénophilos refusait de livrer le chAteau-fort et les trésors, il laissa des troupes en nombre suffisant pour l'assiéger. Lui-même, avec le reste de l'armée, se mit à la poursuite de l'ennemi. La route à travers la plaine de la Susiane était extrêmement difficile, car on était au plus fort de l'été, vers le moment où la canicule se lève : beaucoup de gens dans l'armée, qui n'é* taienl pas accoutumés à de telles fatigues, succombèrent. Les marches de nuit même, l'eau et les provisions que l'on avait en aussi grande abondance que possible, ne furent pas d'un grand secours^ Ce n'est qu'en sacrifiant beaucoup d'hommes et de bêtes de somme qu'on atteignit enfin le Copratas, affluent occidental du Pasitigris. L'ennemi campait à deux milles environ en arrière du fleuve. Antigone fit faire halte sur le Copratas, laissa reposer ses troupes et prit ses dispositions pour le passage. Le fleuve, large de 200 pas seulement, a un courant très violent : impossible de le traverser sans bateaux ou sans ponts. L'ennemi avait, autant qu'il l'avait pu, détruit les moyens de transport. Cependant Antigone réussit à réunir un certain nombre de barques, avec lesquelles on passa un corps de trois mille Macédoniens qui avaient l'ordre d'élever sur la
*) Diodore dit : V^tY^aCovro . . . atpacToicedtveoOai icept xbv icotai&bv x. t. X. ; ïps derniers mots paraissent fautifs, ou sont une addition entachée d*erreur. Antigone semble avoir marché vers le sud plusieurs jours durant, pour franchir le Copratas plus en aval et tourner le flanc ^uche d*Eumène.
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rive opposée des retranchements avec fossés ; ainsi couvert, le reste de l'armée devait suivre peu à peu. Dès qu'ils eurent abordé, quatre cents cavaliers les 8ui\ârent pour protéger les travaux de défense. En outre, 6,000 hommes environ de cavalerie légère passèrent encore le fleuve sur différents points et se répandirent dans les environs, soit pour fourrager, soit pour observer les mouvements possibles deTennemi. Pendant qu'on prenait ces mesures sans attirer l'attention des chefs ennemis, même de ceux qui se trouvaient le plus à proximité, Eumène avait appris par ses émissaires l'approche de l'ennemi. Aussitôt, à la tète de 4,000 hommes d'infanterie et de 1 ,400 cavaliers, il avait passé le pont du Pasitigrispour marcher en toute hâte sur le Copratas. La cavalerie légère dispersée dans la campagne prit aussitôt la fuite, et les 400 cavaliers n'osèrent pas non plus résister à des forces aussi nombreuses : les gens de pied essayèrent de tenir, mais bientôt ils durent céder devant l'attaque impétueuse de l'ennemi ; ils se replièrent sur la rive et se jetèrent dans des barques qui, surchargées, ne tardèrent pas à sombrer. Beaucoup périrent ainsi : très peu échappèrent. Près de 4,000 hommes se rendirent à l'ennemi. Antigone, sur la rive opposée, assistait à cette scène, sans pouvoir porter secours aux siens.
Ce dénouement malheureux de la première rencontre avec l'ennemi, qui avait coûté à Antigone près du quart de son armée et notamment beaucoup de cavaliers, l'impossibilité d'offrir une nouvelle bataille à un ennemi maintenant supérieur en nombre ou de lui tenir tête dans ce pays pauvre en ressources, d'ailleurs fort épuisé déjà et rendu très malsain par les ardeurs excessives du soleil, forcèrent Antigone à battre en retraite sur Badaca*. Les privations et la chaleur emportèrent encore dans cette marche un grand nombre de soldats ; le
*) Ce nom ne se rencontre nulle part ailleurs : la ville était située, suivant Diodore PCIX, 19), sur l'Eulœos (fleuve de Dizfoul), certainement du côté des montagnes, et il fallait neuf jours, comme on le verra plus tard, pour aller de là en Médie. Kinneir {Geogr, Mem., p. 106) assure qu'en partant de Shouster, la route la plus directe pour aller à Hamadan passe par Dizfoul, et que, par conséquent, cette dernière ville doit être à peu près à la place de l'ancienne Bad^ca.