OL. cxv, 4] MAncuE d'antioone
camp d'Antigone était rempli de fiévreux, d'hommes découragés et mécontents. A Badaca^ il acisorda plusieurs jours de repos à Tarmée. Son plan était de se jeter dans laMédie. Il espérait, par cette démonstration dans les provinces supérieures, inquiéter les satrapes sur le sort de leurs domaines ot les décider à retourner en hâte chez eux. Ainsi affaibli, Eumèno pourrait être facilement abattu, et les satrapes isolés auraient été obligés de se soumettre. Antigone savait qu'il y avait encore à Ecbatane de riches trésors, qui pouvaient lui être d'une grande utilité précisément dans les circonstances actuelles; enfin l'alliance avec Pithon, dont le parti en Médie était sans doute devenu plus fort depuis l'invasion des satrapes, semblait promettre un heureux succès.
Pour aller en Médie, deux routes s'ouvraient à l'armée; Tune, à travers les plaines de Nysa et la région des défilés de Bagistane*, était, il est vrai, commode et sans danger; mais il lui eût fallu retourner sur ses pas, par les plaines brûlantes de la Susiane et de la Sittacène, pour arriver à l'entrée des défilés. Pendant les quarante jours de marche qui séparaient d'Ecbatane, il eût été facile à l'ennemi de prendre les devants. L'autre route offrait encore plus d'inconvénients. Elle traversait une région dépourvue de tout, le pays des Cosséens, qui, quoique soumis p6ir Alexandre, continuaient comme par le passé leur vie de brigandage. Elle était resserrée, impraticable, dominée par des rochers et des pics, de façon que les indigènes pouvaient barrer le passage même à l'armée la plus considérable. Néanmoins Antigone se décida pour celle-ci, vu qu'on y était à l'abri de la chaleur et qu'on pouvait arriver par là en Médie en moins de temps. Pithon lui conseilla d'acheter aux Cosséens le droit de passage: il méprisa ce conseil, comme indigne de lui et de son armée. Il décida donc que l'élite dés peltastes, puis les archers et les frondeurs, avec la moitié de toutes les troupes légères, sous les ordres de Néarque, formeraient l'avant-garde et occuperaient les défilés et les gorges :
*) L'expression de Diodore, t| jjiàv Y«p iià KoXûvoc xaXTj xa\ pa<nXtxii, ne peut désigner que la route traversant la KaXXwvîti; de Polybe (V, 54, 7), la XocXaivittc d'Isidore Charax. L'autre route pourrait être celle qui remonte le Dizfoul en passant par Bahrein et Bouroudjird.