OL. CXI Y, 2J eumènk et asandros
dispositions des grands, Thabilc Gardien, à la mort du roi, s*était tenu à Técart, sans se mêler au conflit entre la noblesse et les phalanges, disant qu'« il ne convenait pas à un étranger de s'immiscer dans les querelles des Macédoniens ». Nous avons vu quelle part importante il prit par la suite à raccommodement intervenu.
Le souvenir do ce service et de la situation antérieure d'Euniëne, d'autre part, Tidée que, s'il restait à Babylone sous le coup d'une disgrâce et la rancune au cœur, il pouvait devenir des plus dangereux, ont pu décider Perdiccas à lui faire sa part. La nomination à une satrapie ne signifiait pas autre chose. Cette satrapie, il devait la conquérir, sinon tout en* tière, du moins en grande partie ; et c'est au prince Ariarathe, un ennemi puissant, qu'il fallait l'arracher. Antigone reçut par écrit Tordre de faire cette conquête ; il pouvait paraître avantageux d'engager en compagnie d'Eumène ce satrape puissant, aux visées ambitieuses, dans une guerre qui devait lui coûter du temps et de l'argent et ne lui procurer aucun avantage en cas de victoire, mais lui donner un voisin habile et puissant qui, quand on lui demanderait la récompense des services rendus, attacherait plus étroitement ses intérêts à la cause du lieutenant-général de l'empire.
En Carie, la vieille princesse Ada d'Alinda était morte, sans doute du vivant même d'Alexandre : le pays devint une satrapie immédiate de l'empire. On ne dit pas à qui elle fut adjugée d'abord ; ce fut probablement à ce même Asandros* qui la gouverna depuis. Asandros; était un fils du vieux Philotaset un frère de Parménion. Il avait déjà reçu en 334 la satrapie de Lydie; mais, en 330, il avait rejoint l'armée en Bactriane avec do nouvelles troupes. Il a dû s'en retourner avec le roi et se trouver à Babylone lors du partage.
L'ancien satrape de Lydie, Ménandre*, était également
') Après les éclaircissements donnés par Bôckh (C. I. (jr^c, no 105), on doit considérer comme un fait acquis que le nom du satrape est bien tel que le donne Dexippos, et qu'il ne faut pas l'appeler Gassandros, bien qu'Arrien, Diodore, Q. Curce et Justin écrivent ainsi son nom.
*) Il succéda à Asandros comme satrape en 331 (Arrian., III, 6. Cf. VII, 23, 1 : 24, 1), Ce doit être un Macédoni«^n, et non pas, par conséquent, le
28 LÉONNATOS SATR\PE DE PHRYGIE [I, 1
venu à Babylone avec des troupes fraîches peu de temps avant la mort du roi : on lui rendit la satrapie qu'il avait occupée.
Infiniment plus importante, du moins au point de vue militaire, était la troisième satrapie du littoral occidental, qu'on appelait la Phrygie sur FHellespont. C'est par laque passait la grande route d'Asie en Europe, et quiconque était maître de la Phrygie pouvait couper au moins les communications par voie de terre. Pour le passage de THellespont, c'était en quelque sorte la tête de pont du côté de l'Asie et une excellente position pour surveiller un ennemi venant d'Europe. Après Calas fils d'Harpalos, c'est Démarchos ' qui avait commandé dans la région. Dans les circonstances actuelles, où il y avait des divisions et des conflits à prévoir^ cette satrapie avait une double importance. Si Léonnatos, le garde du corps, qui semblait destiné tout d'abord à partager l'autorité suprême avec Perdiccas et qui, par son attitude décidée à la tête de la cavalerie, avait plus que personne contribué à la victoire de Perdiccas, si Léonnatos, disons-nous, reçut cette satrapie, c'est que probablement il renonça à partager le pouvoir avec Perdiccas, préférant une charge qui lui assurait évidemment une influence plus grande qu'une place à ses côtés, et Perdiccas, de son côté, préférait peut-être aussi confier un poste aussi important à un homme dont il croyait avoir éprouvé le dévouement lors de la révolte. Léonnatos reçut l'ordre de s'associer avec Antigone pour ouvrir en communia campagne contre Ariarathe.
Les affaires d'Europe furent réglées par l'administrateur de l'empire d'une façon assez singulière. Non content de partager le pouvoir entre Cratère et Anlipater, comme il avait été stipulé déjà dans le traité avec Méléagre, il en détacha toute la Thrace à l'est de l'ancienne frontière macédonienne, c'està-dire le pays des Odryses et des Thraces au delà de l'Hémos, régis jusqu'alors par des stratèges particuliers soumis au gouverneur de la Macédoine, et il en fit une satrapie à part. La
Magnésien Ménandre, fils de Mandrogène, qui figure parmi les triérarques de la flotte de Tlndus (Arrian., Indic, 18). *) Arrian., Alex, success. I, 6.