‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 171 sur 457 · AVANT LA BATAILLE [II · texte numérisé non relu

AVANT LA BATAILLE [II

A la nuit tombante arrivèrent des déserteurs du camp d'Antigone, qui rapportèrent que les troupes avaient reçu l'ordre de se tenir prêtes à marcher à la seconde veille de nuit. L'intention de l'ennemi était facile à deviner. Le terrain ne se prêtait aucunement à une bataille^ et Antigone avait absolument besoin d'une rencontre. Les vivres commençaient à lui manquer; il devait se hâter de trouver des cantonnements pour l'hiver qui approchait. Incapable de surprendre ici son prudent adversaire, il avait l'intention de gagner la province de Gabiène, à trois journées de marche*. Il y avait là de Tcau potable, de gras pâturages, de riches villages, un terrain offrant des abris de toute sorte, et la Gabiène se trouvait sur la route de la Susiane, assurant par conséquent la voie de communication la plus directe avec Séleucos, qui se trouvait encore devant Suse. Eumène comprit le plan de son adversaire et se hâta de le prévenir. Il dépêcha au camp ennemi quelques émissaires, qui devaient se faire passer pour déserteurs et répandre le bruit qu'à la nuit suivante on tenterait d'attaquer le camp. En même temps, il faisait filer les bagages sans bruit, ordonnait aux troupes de se tenir prêtes pour le départ, et se mettait en marche vers minuit, tandis qu^Antigone, infonné

*} La partie géographique de toute celte campagne est extrêmement obscure : rien ne fait deviner où les deux armées se rencontrèrent pour la première fois ; tout ce qu'on peut affirmer, c'est que ce fut sur la route de Médie en Perse, et dans la Parœtacène (Dîodob., XIX, 34). Strabon (XV, p. 728) dit : paaiXeia tôt êv FàSat;, cv toÎç àytaxipoiç noM \t,lptfn xr^ç Iltpii^oç, Cette Gabse est-elle identique avec la FaSi^va de Ptolémée, c'est une question à débattre. Strabon (XVI, p. 744), pariant des trois routes qui mènent à Séleucie, dit que Tune vient de Médie par la Massabatique, la deuxième de Perse, la troisième èxTTjç 2ou<Ti8o; àik tyj; FaStavrj;. èiratp*/^ai «' «oiv ovrott TTi; 'E\\j[Lcdaç tJ xe raStotvr) xa\ tj MaaaaSaTixiQ : or, la distinction faite ici entre l'Élymaïde et la Suside embrouille tout. La seule chose qu'on puisse dire, c'est que la Gabiène était située entre la Perse, la Médie el la Suside (Éiymaïde). Et comme, plus tard, l'armée, prenant ses quartiers d'hiver dans cette région, put se disséminer à des distances allant jusqu'à iOO stades (Plut., Eumen, 15) ou 6 jours de marche (Diodor., XIX, 37), il est difficile de trouver sur nos cartes un espace semblable autre que celui que limitent à droite et à gauche les cours d'eau dont la réunion forme le Dizfoul. Si la leçon êv Taôatç dans Polybe (XXXI,, 11, 3) n'était pas assurée par les manuscrits, et si on pouvait y substituer IvPaS ai «, on pourrait peut-être retrouver la source où Strabon a pris ce qu'il dit de l'Élymaïde et de la Gabiène.

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