‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 179 sur 457 · OL. cxv, 4] stratagème d'eumène · texte numérisé non relu

OL. cxv, 4] stratagème d'eumène

qu'il y avait un camp ennemi à proximité. Du reste, les généraux eux-mêmes pouvaient distinguer pendant la nuit à travers la steppe, dans la direction du sud-ouest, les feux de la première, deuxième et troisième veille. A en juger par rétendue de la ligne des feux, il n'y avait pas à en douter, toute Tarmée ennemie était réunie dans ce camp. Ëumène avait dû être informé du plan de son adversaire, et c'était là, on pouvait le supposer, le motif qui avait décidé l'armée ennemie à sortir de ses cantonnements. Antigone n'osa pas conduire au combat son armée exténuée par une marche pénible contre les troupes fraîches de l'adversaire, bien entretenues dans leurs quartiers d'hiver et suffisamment préparées à la lutte. De crainte que l'ennemi, ayant conscience de sa supériorité^ ne marchât à sa rencontre, Antigone abandonna en toute bâte la route commencée. Dès le lendemain matin, l'armée d' Antigone obliqua sur la droite, du côté de l'ouest, pour regagner la grande route. Là il y avait des deux côtés des pays cultivés, des villages et des villes trèè rapprochées, assez de provisions et de quartiers pour laisser les troupes épuisées se refaire.

Ce qui surprit le stratège, c'est qu'à son départ les ennemis ne bougèrent aucunement dans leur camp. On ne vit même pas apparaître un corps d'éclaireurs ennemis * . Après avoir atteint des contrées plus favorables, on donna du repos aux troupes. Là Antigone apprit des indigènes qu'eux aussi avaient vu les hauteurs couronnées de feux, mais qu'ils n'avaient rien remarqué qui indiquât la présence d'une armée importante; ils croyaient que le camp sur la montagne était vide de soldats. Antigone n'en pouvait plus douter; il avait été trompé, et l'ennemi avait ainsi gagné le temps de concentrer ses troupes. Sa colère fut grande de voir ses plans magni-

') Plut., Eumen. 15. Diodor., XIX, 38. Poly^en., IV, 8, 4. Corn. Nep., Eumen,f 9. Pour déterminer la position de la contrée, il est important de remarquer qu* Antigone 8*écarte à droite pour rejoindre la grande route : le camp fictif d'Eumène ne peut avoir été placé qu'à une journée de marche tout au plus en avant du quartier général. Polyœnos (IV, 6, 13) dit de la bataille qui suivit immédiatement : 'AvrCyovoç ic6p\ t^v ragiiîvyjv <xvv£6aXev Eviiévst iidtxTQv ; et ce nom peut être utilisé dorénavant pour distinguer cette bataille de la précédente.

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