‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 19 sur 457 · OL. cxiv, 2] lysimaque et antipater · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2] lysimaque et antipater

défaite du dernier stratège Zopyrion et la nécessité d'opposer une digue solide à la poussée des Scythes vers le Danube pouvaient justifier ces mesures ; mais le but réel de Perdiccas était de soustraire la Chersonëse et les pays voisins, autrement dit le chemin de la Macédoine, à Tinfluence d' Antipater, qui ne pouvait guère se trouver très satisfait des arrangements pris à Babylone. Ce fut le garde du corps Lysimaque* qui reçut la satrapie de Thrace. C'était un des officiers supérieurs les plus vigoureux et les plus entreprenants de Tarmée*, de plus, très dévoué à Perdiccas.

Si celui-ci ne pouvait plus compter sur Tancien administrateur de l'empire en Macédoine, les ordres donnés par Alexandre pendant l'été de 324 lui fournissaient assez de prétextes pour enlever à Antipater un commandement qui constituait un danger pour le nouveau régime. Mais Cratère avec ses vétérans n'avait pas encore dépassé la Cilicie, et Antipater gardait encore toute son autorité en Macédoine : il y était trop puissant pour que Perdiccas pût l'attaquer ouvertement dès à présent. En outre, on avait des raisons de craindre que les Grecs, en apprenant la mort d'Alexandre, ne prissent les armes, et Antipater était seul pour le moment en état de leur tenir tète. En le dispensant de céder son commandement à Cratère pour conduire une armée fraîchement recrutée en Asie, on semblait lui accorder une faveur dont il serait peutêtre reconnaissant. Pour tout le reste, Perdiccas s'en tint à ce qui avait été décidé avant la lustration de^ l'armée. Antipater, comme stratège investi de pleins pouvoirs % Cratère, comme prostate''^ reçurent donc dans leurs attributions tout le pays

*) BpsxYj; xa\ XepfovT^^ou xoi\ 8(xa ©paÇ^ <rvvopa îfôvif) ïtrzt iiii OdtXaaaav tyiv eut 2Ia).(jLuSy]<7(rbv toO EùU''vou itivTou xaOïQxovTa (Arrian., ihid,). La concordance presque littérale du texte de Diodore (XVIIl, 3) montre que l'un et l'autre suivent Hiéronyme. Les événements survenus sous Zopyrion et Memnon et relatés dans {Histoire d' Alexandre {^, 392) montrent que jusque-là les deux stratèges de la région, celui de la Thrace au sud de la chaîne et celui du nord, étaient sous les ordres d'Anlipater.

*) oTpaTTjyctv àyaOi; (jElian., Var. Uist,^ XII, 16).

') Dexippos (ap Phot,, p. 64. — p. 668 éd. MûUer) le qualifie de iià tc&cxi Msxsd^ot xs\ ''£XXv)9t xal *lXXuptoic xai Tpi6aXXotc xa\ 'A^ptâdt xa\ oaa tt)C 'Hicstpou êllTc 'AXeldévdpou 9TpoiTV)Ybc auTOxpoiTcop.

•*) TTiv 5l XT)Se(JLOv{av xai oorj npooraafa xyj; patnXec'a; KpdtTepo; eiceTpdtiCY) (De-

30 LES POSSESSIONS DECRIENT [I, 1

siliic à l'esUle la satrapie de Lysimaque, c'esl-à-diiv la Macédoine, llllyrie, le pays des Triballes, des Agrianes, TÉpire jusqu'aux monts Cérauniens et toute la Grèce'.

Tandis que, dans les provinces 0C4ndentales de Tempire, on avait opéré presque partout des changements considérables, rOrient presque tout entier resta sous le gouvernement des satrapes en fonctions. Les satrapies de cette région commencèrent dès lors à se trouver plus complètement abandonnées a elles-mêmes : éloignées comme elles Tétaient des contrées marquées par la force des choses pour être le théâtre de la lutte future, elles n'avaient qu'une importance secondaire pour le règlement définitif des affaires du monde. On dut aussi chercher à éviter autant que possible tout changement de régime chez des peuples à peine soumis encore et peu habitués au gouvernement des Macédoniens. Il sera cependant à propos d'énumérer les sati'apies d'Orient, ne fût-ce que pour donner une idée de l'extension de l'empire et rappeler les vastes relations qu'on avait nouées.

L'Extrême-Orient, c*est-à-dire le pays entre l'Hydaspe et THyphase, restait entre les mains du roi Porus ; il n'est plus fait mention des deux principautés de Phégée et de Sopithès sur THyphase; probablement la satrapie du Bas-Indus tomba sous la domination du même roi*. A côté de lui, entre l'Hy-

xipi'., loc, cit.), Arrien aussi (l). 09 a 20. I, 3) Tappelle «po«rrâTy,;. Ouaiid Justin (XIII, 4) (lit : tryni pecimix rum Cratero tradUtir, il indique en effet une partie importante de ses attributions. La nature même des laits peut seule nous apprendre comment, dans le détail, Cratère et Antipater s'arrangèrent entre eux.

*) Arrien donne le catalogue suivant : ta i5« snéxetva ttj; Hpi^yj; «; sm iXXypioùç xa\ Tpi6aX>.où; xa\ 'Aypiiva; xa\ avrrj MaxsÔovta xai y; *'Hiieipo; to; liCr. Ta opY) xà Kepavvta àvr,xouffa xat oi "EX^r^ve; ayiAiravre;. Dexippos (loccit,) fournit les mêmes indications, avec une seule divergence : xa\ Saa Tyj; *llireipou eUti 'AXIlavôpov, ce qui veut dire sans doute qu'une partie de FÉpire a été réunie à la Macédoine, et que îc royaume d'Épire est resté indépendant sous le sceptre d'/Eacide.

*) Du moins, dans le partage de 32i, Porus garde Tf,v xatà tbv "IvSov xaV IlârraXa (Arrîax., loc. vit,). Justin et Diodore ne s'occupent pas du tout de lui à propos de ce partage, et Textrait d'Arrien (p. 69) le passe sous silence ainsi que toutes les autres provinces de l'Est. Dexippos (ap. Phot.) nomme Porus tout seul, mais en ajoutant une assertion fausse, à savoir que Porus a reçu ot èv [UatA IvSoO nota(JioO xa\ *VÔa<rïcou vl|*ovTat.

Page 1