‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 182 sur 457 · OL. cxv, 4] apprêts de la bataille · texte numérisé non relu

OL. cxv, 4] apprêts de la bataille

satrapes' avec leur cavalerie d'élite, et il en prit lui-même le commandement. Sur le front, il plaça en forme de crochet les soixante éléphants les plus solides, et, dans les intervalles, Télite de son infanterie légère. Le centre de la ligne de bataille était formé par Tinfanterie : au premier rang les hypaspistes, puis les argyraspides, plus loin les mercenaires et les troupes armées à la macédonienne ; devant tous ces corps, la plus grande partie des autres éléphants et Tinfanterie légère nécessaire pour les soutenir. Il remit Taile droite, composée du reste de la cavalerie, soutenue par un petit nombre d^éléphants et de troupes légères, à Philippe *, avec Tordre de ne pas engager l'action à fond, mais d'occuper Tennemi en face de lui par de fausses attaques et d'attendre que l'autre aile décidât la victoire. Le champ de bataille était une vaste prairie fermée par une hauteur du côté d'Antigone : le sol n'était ni ferme et dur, ni défoncé ; c'était une steppe, de sorte que les mouvements des troupes et des animaux soulevèrent bientôt des flots de poussière qui dérobaient complètement la vue des mouvements.

Du haut de la colline, Antigonc observait l'ordre de bataille de l'ennemi. Il reconnut que l'aile droite était plus faible et que, sur les derrières, le camp était presque dégarni. Il disposa quelques escadrons de Mèdes et de Tarentins d'élite, avec ordre, une fois l'action engagée, de tourner l'aile droite de Vennemi, à la faveur de la poussière, et de piller le camp.

Cependant, la ligne de bataille des ennemis avait pris position. Eumène passa à cheval le long des rangs et exhorta ses soldats à lutter vaillamment. Partout il fut accueilli par des acclamations : les phalanges criaient qu'il pouvait avoir confiance en elles, et les vieux argyraspides, que l'ennemi ne leur résisterait pas. Us envoyèrent un cavalier aux lignes ennemies, à l'endroit où était placé le corps des Macédoniens, et leur firent dire : « Vous voulez donc, têtes maudites, combattre contre vos pères, eux qui ont vaincu le monde entier avec

<) Il Y &vût là aussi Milhradate, fils d'Ariobaczane, descendant de Tun des sept Perses qui avaient mis à mort Smerdis. ») Quel est ce Philippe, il est impossible de le dire.

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Alexandre et Philippe, et que vous verrez bientôt dignes des rois et de leur vieille gloire! » Cet appel des terribles vétérans fit une impression profonde sur les Macédoniens ; ils murmuraient hautement d'avoir à lutter contre des compatriotes, des alliés par le sang, et, ce qui sans doute les touchait davantage encore, ils avaient peur de ces vieux soldats d'élite, dont ils avaient éprouvé récemment encore la force irrésistible.* Tandis qu'une inquiétude et une hésitation visible perçait chez les soldats d'Antigone, les troupes d'Eumène étaient pleines d'enthousiasme et demandaient joyeusement qu'on engageât le combat.

Sur un signe d'Eumène, les trompettes sonnèrent la charge. Les troupes poussèrent le cri de guerre : sur les ailes où commençait l'attaque, les éléphants se précipitèrent les uns sur les autres, entourés comme d'un essaim par les troupes légères. Bientôt ce fut une mêlée furieuse; la poussière remplissait déjà l'atmosphère à tel point qu'on ne distinguait plusrieu. Alors Anligone, avec sa cavalerie supérieure en nombre, se jeta soudain sur l'endroit de l'aile gauche ennemie où se trouvait Peucestas. A peine celui-ci eut-il deviné le but de cette attaque, qu'il se retira en toute hâte, en dehors de cette épaisse poussière. Sa retraite entraîna 1,500 cavaliers des corps voisins. Un vide s'était fait dans cette aile. Eumène, qui se trouvait à l'extrémité de l'autre aile, était coupé : il ne lui restait plus qu'à se jeter avec toutes ses forces sur Antigone et à tenter de soutenir la lutte. Le combat fut acharné, d'une violence extrême : les cavaliers d'Eumène firent des prodiges de courage, mais Antigone avait la supériorité du nombre. Ici le combat de cavalerie était indécis encore ; plus loin, l'engagement des troupes légères et des éléphants prenait la même tournure. Alors on vit tomber l'éléphant qui menait la troupe du côté d'Eumène : cet accident donna la victoire à l'ennemi ; les éléphants d'Eumène et ses troupes légères commencèrent à plier. Les cavaliers aussi se débandaient de plus en plus. Là, il n'y avait plus rien à sauver. Eumène se hâta de 'rallier les escadrons de son mieux et de se retirer sur l'aile droite, pour y continuer la lutte, qui au centre était déjà décidée en sa faveur. Les argyraspides avaient fondu en rangs serrés sur l'infanterie

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