OL. cxv, 4] la bataille en gabiêne
ennemie, et ils avaient ou terrassé ou mis en fuite les corps les plus proches ; puis, s'avançant à droite et à gauche avec leur élan irrésistible et luttant presque seuls contre des troupes qui se renouvelaient sans cesse, ils avaient mis hors de combat près de 5,000 ennemis sans perdre un seul homme. L'infanterie ennemie était pour ainsi dire anéantie.
Pendant ce temps, se glissant inaperçus derrière les flots de poussière soulevés par cette mêlée sauvage, les Mèdes d'Antigone, commandés à cet effet, s'étaient jetés sur le camp ennemi, situé à une demi-lieue en arrière du champ de bataille : ils avaient écrasé sans peine les palefreniers et les valets, ainsi que la faible garde qu'ils trouvaient devant eux, et le pillage avait aussitôt commencé. Ils trouvèrent un immense butin en or et en argent ; les femmes et les enfants des argyraspides et des autres soldats, les trésors des satrapes et des autres commandants, tombèrent entre leurs mains. Eumène en fut informé au moment où il quittait la mêlée pour se replier sur Taile droite. Peucestas avait reculé jusque là : il le manda au plus vite et lui dit que c'était le moment de réparer sa faute. ' Le plan du général était de profiter de l'anéantissement du centre ennemi pour tenter une nouvelle attaque de cavalerie, n espérait qu'en se jetant avec tous ses cavaliers à la fois sur Anligone, il déciderait complètement la victoire : le camp et tout ce qui s'y trouvait serait alors reconquis du même coup . Mais Peucestas refusa d'exécuter cet ordre, disant que tout était perdu. Il continua de reculer. Déjà, comme il arrive en saison d'hiver, le crépuscule tombait malgré l'heure peu avancée ; Eumène ne pouvait plus rallier assez de cavaliers pour une nouvelle attaque. La moitié de la cavalerie d'Antigone suffisait pour tenir Eumène en échec. Avec l'autre, il lança Pithon sur les argyraspides, pour leur fair lâcher pied coûte que coûte. Les argyraspides se formèrent en carré et reçurent en rangs serrés ce choc épouvantable ; mais, comme l'ennemi occupait avec sa cavalerie le champ de bataille et leur camp, comme ils n'avaient plus de leur côté de cavaliers pour les soutenir et rétablir les communications avec le reste des troupes, comme ils avaient à craindre d'être coupés et forcés de capituler sans conditions, ils quittèrent le champ de bataille