DÉLIBÉRATIONS APRÈS LA BATAILLE
SOUS les yeux de Pithon et occupèrent une position solide sur le bord d'une rivière voisine, jurant tout haut contre Peucestas, qui avait causé la défaite de la cavalerie et Téchec de la journée. C'est également là qu'à la tombée de la nuit se rallièrent Eumène, les satrapes et les troupes dispersées ^
On se hâta de délibérer sur les mesures à prendre. Les satrapes demandaient qu'on se retirât aussi vite que possible dans les provinces supérieures. Eumène s'y opposa avec la plus grande vivacité, disant que l'infanterie de l'ennemi, c'està-dire sa force principale, était complètement anéantie, et qae ses pertes étaient assez importantes pour qu'il ne pût pas résister à une nouvelle lutte. Quant à la cavalerie, on pouvait tenir têle à Tennemî, bien qu'on ne fût pas en nombre : l'issae de la journée ne témoignait pas contre la bravoure de la cavalerie, mais contre certains chefs qui avaient plus redouté la poussière que les armes. Il fallait rester à son poste, et recommencer le combat le lendemain. Antigone, le vaincu du jour, n'était plus de taille à résister, et non seulement on reprendrait le camp avec tout ce qui s'y trouvait, mais on s'emparerait encore de celui des ennemis. Les « Macédoniens », disent les auteurs, c'est-à-dire probablement Antigène, Teutamas et autres, rejetèrent l'une et l'autre proposition. Ils ne voulaient ni fuir, ni continuer la lutte après la perte de leurs biens, de leurs femmes et de leurs enfants. La question fut agitée entons sens, sans qu'on pût s'arrêter à rien, et l'assemblée se sépara sans avoir pris de résolution.
Cependant les argyraspides ne pouvaient se faire à l'idée
<) Le récit de cette bataille est fait d'après Diodore (XIX, 40-43). Cî. PoLYiBN., IV, 6, 13, Plut., Ewnen.^ 17, Il y a dans ce récit bien des choses qui étonnent : il n'y est pas du tout question des mouvements de Taile commandée par Philippe, ni de la part prise au combat par l'infantene, à Texception des argyraspides. De même pour les éléphants : il n'y est &it allusion qu'en un seul endroit, et Ton ne voit pas bien comment derrière eux ont pu s'engager des combats de cavalerie sur une aussi large échelle. On est amené à penser que Peucestas a agi en trattre; on ne comprend pas sans cela comment'Àntigone a pu risquer la bataille : cependant aucun auteur ancien ne formule ce soupçon. Polyaenos, Cornélius Népos et JusUd (XIV, 3), considèrent la journée comme une victoire pour Eumène. Quand on évalue à 300 le nombre des morts du côté d' Eumène, on veut dire sans doute que telles ont été les pertes éprouvées par les phalanges.