‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 20 sur 457 · OL. cxiv, 2J les satrapies d'orient · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 2J les satrapies d'orient

daspc et Tlndus, Taxile conserva ses anciennes possessions'. Les deux rois étaient à peu près indépendants de l'empire, qui ne parvint à rétablir son prestige et faire valoir ses droits dans ces contrées que bien des années plus tard.

La satrapie de l'Inde en deçà du fleuve, possédée jusqu'en

324 par Philippe, fils de Machatas, TÉlymiote, et administrée par intérim après sa mort par le chef des troupes qui y étaient cantonnées, fut donnée à Pithon, fils d'Agénor, qu'Alexandre avait laissé en 325 à la tête des pays de Tlndus inférieur*.

La satrapie du Caucase, pays des Pai*opamisades, resta entre les mains d*Oxyarlès, père de Roxane. L'Arachosie et la Gédrosie restèrent également réunies sous Tautorité do Sibyrtios; TArie et la Drangiane conservèrent leur ancien satrape, Stasanor de Soles'.

Au nord du Caucase, Amyntas, fils de Micolaos, gouvernail depuis 329 la Bactriane : comme il était mort, à ce qu'il semble, Philippe lui succéda, et la Sogdiane fut confiée à un grand du pays. Lors du soulèvement des colons helléniques, en 325, ce gouverneur doit avoir été révoqué pour négligence ou pour un motif quelconque, et Philippe administra désormais les deux provinces *. La Parthie, avec THyrcanie et la Tapurie, resta à Phratapherne.

*) Dlcxlore (XVI II, 3) dit que les régions lirai trop lies des satra])i«is de la Haute-Asie restèrent sous l'autorité des rois qui entouraient Taxile (toi; mçt\ TaÇtXriV paffi>.eO<Tt), expression qui pourrait s'appliquer à la fois à Porus, à Phégée et à Sopithès. Justin dit : ttrras inler amnes Hydtispem et Indum TaxUes habeL

*) In colonias in Indis conditas Pithon Agenoris filiiis mittitur (Justin., XIlï, 4, 21.)

3) On voit par Strabon (XIV, p. 683) et Diodore (XVIII, 39) que Stasanor est de Soles dans l'île de Cypre.

*) D'après Diodore, Philippe reçoit la Bactriane et la Sogdiane. Dexippos dit : *tXtir7C0'J ôèrjv àp*/7) 2oyoiavo\ (? sans doute Baxxpiavoi)... Ty,v 6è SoYÔtav&v ^sotXetov *Optu7iio; tlx^y ov itdcTptov ^«/wv àp^V cùXk Ô6vto; avTw 'AXsÇâvSpov ènti ôe vj^/ti ti; avTM (Tvvé7CE<jev enQtvaardcerca); aiTÎav çeOyovti, icotpaXyôrivai ttjc «PX^î» TÔTE xotvb); auTôv Tr,v kp-^Yi^ 6l*/E («^îXiwiro;). A cette Ty^rj qui intervient ici, on peut reconnaître un emprunt fait à Hiéronyme de Cardia, mais on se demande qui est cet 'Optoitio;, si ce ne serait pas peut-être le Xopn^vTjç d'Arrien (IV, 21, 10). Le texte de Justin (XIII, 4, 23) est embrouillé à cet endroit par de mauvaises leçons : Bactrianos AmynUts sortitur, Sogdianos Sulceits SUigno7% Farthos Philippus^ etc. Il répète plus loin (XLI, 4) le nom de Stagnor, disant qu'à la mort d'Alexandre, nuUo Macedonum dignante

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Il y eut quelque changement, paraît-il, dans les provinces limitrophes du côté de Touest. Atropatès, dont Perdiccas avait épousé la fille à Suse, conserva la satrapie de la Petite-Médie * ; Pithon, fils de Crateuas, le garde du corps, fut nommé satrape de la Grande-Médie, avec Ecbatane pour résidence. Avec son caractère remuant et ambitieux^, ce général devait trouver bientôt l'occasion de tirer de sa position un parti extrêmement remarquable. Il éclipsa complètement Atropatès; le Perse avisé se contenta prudemment de gouverner la Médie du nord, que traverse la riche vallée de FAraxe, et TAtropatène passa comme principauté indépendante à ses fils et petits-fils.

La satrapie d'Arménie, située entre la Médie et les provinces qu'Ëumëne devait occuper, fut remise — on ne sait trop à qui elle appartenait jusque-là — à Tarchi-hypaspiste Néoptolémos, qui se vantait de descendre des iEacides'.

La satrapie limitrophe du côté du sud, c'est-à-dire la Méso-

Parthorum impenum Stagnori, externo socio, traditur. Comme, au partage de 322, Stasanor de Soles obtient la Bactriane et la Sogdiane en échange de l'Asie (DiODOR., XVIII, 39) tandis que Phratapherne garde la Parthie avec l'Hyrcanie, Justin a dû faire ici une confusion et la reproduire au deuxième passage indiqué.

*) Justin (XIII, 4, 12, éd. Jeep) dit : Pitho Illyricus Mediœ majorù AtrO' patos minori socer Perdiccx praeponilur, Pitho est une correction pour le Philo de la plupart des rass. ; le bizarre illyrior ou illir^ yllir est à coup sûr bien interprété, mais on n'explique pas par là qu'il s'agit de Pithon, fils de Crateuas d'Alalcomenae, quand bien même l'emplacement de cette ville serait mieux fixé qu'il ne l'est par r*A).aXxo|ievat de Strabon (VII, p. 327) et la mention d'Etienne de Byzance : 'A>xo|Aevat... «6X1; *IXXupéa;. Arrien (Indic. L c.) range expressément Pithon fils de Crateuas parmi les Macédoniens, et il le met ailleurs [Anah. VI, 28, 4), comme *EopÔatoç, à côté du Lagide Ptolémée. Rabaisser un Macédonien de ce rang et l'appeler lUyrien rentre tout à fait dans la manière de Douris, et c'est une preuve de plus que Trogue-Pompée l'a pris pour guide.

') TO veoîTCpoiroiiv (^lian., Var. Hist., XIV, 48) — çpovi^iiaTo; irXy,py;; 5uvâ-

|i£vo; Ôs <TTpaTr,Ycîv (DioDOR., XVIII, 7). L'orthographe varie entre Python, Pithon, Peithon.

3) Même dans les trois listes complètes, la satrapie d'Arménie est passée sous silence : Alexandre l'avait donnée en 331 à Mithrinès, l'ancien commandant de Sardes : on voit par Plutarque (Eumen. 4) qu'elle a été donnée cette fois à Néoptolémos l'iEacide. Cependant, il paraît n'en avoir possédé réellement qu'une partie; du moins, en 316, le satrape d'Arménie estOronte (DioDOR., XIX, 23, 2), le même certainement qui l'avait été avant la bataille de Gaugamèle (Arrian., III, 8, 5).

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