‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 194 sur 457 · OL. cxvi, 1] CARACTÈRE d'antigone · texte numérisé non relu

OL. cxvi, 1] CARACTÈRE d'antigone

qui arrivaient chez lui étaient étonnés de voir à quel point il était au courant d'affaires passées depuis longtemps, se rappelant ceux qui avaient négocié avec lui à ce moment, ce qui avait été dfl et comment on avait réglé les points les plus insignifiants \ Le nlême ordre régnait dans ses finances. Il prenait soin avant tout d'accumuler une réserve en argent aussi considérable que possible ; il en soutirait où il pouvait et tant qu'il pouvait. A quelqu'un qui lui représentait qu'Alexandre n'agissait pas ainsi, il répondit qu'Alexandre avait fait la moisson en Asie, et que lui ne faisait plus que glaner*. Lorsqu'il arriva, comme il a été dit plus haut, en Cilicie, il apportait avec lui 25,000 talents des provinces supérieures ; en outre, il prit les 10,000 talents qui se trouvaient encore à Cyinda, et le produit annuel de ses provinces était tel qu'il put prélever sur ces revenus 11,000 talents en vue delà prochaine guerre Ml savait parfaitement qu'avec la manière dont se faisait la guerre à ce moment, celui qui payait le mieux pouvait disposer des troupes les plus nombreuses et les meilleures : à mel^ure que les grandes idées et les aspirations nationales allaient s'effaçant de plus en plus, l'argent était le meilleur levier et la seule base sûre de la puissance. Il n'aimait aucune espèce de prodigalités, ni pour lui et ses plaisirs, ni pour s'attirer les louanges des savants et des littérateurs dont il aimait à s'entourer, en homme cultivé et ami des études qu'il était. Il les remettait à leur place, souvent avec cet esprit sec et mordant qui lui était particulier*. Quand il le jugeait nécessaire, il savait donner et même prodiguer* : le tour gracieux qu'il donnait alors à sa munificence faisait qu'on lui avait

*) Plut., Apophth, Antigon., 1. Son exemple agit sur ses subordonnés : ainsi ses stratèges, povX6(uvoi otxovo(itx(oTepot elvai, mirent un impôt sur les eaux médicinales d'iEdepsos (Athen., III, 73 c).

') auvaye<j6at ex- tôv 7cpoa6Sa)v twv xat' èviauTov TaXavta \vjpiaL xa\ x^^'* (DiODOR., XIX, 56).

*) Plut. , Apophth, Antigon, ^ 15. Comme un cynique mendiant lui demandait une drachme : « Ce n'est pas là une aumône de roi », dit-il. L'autre lui demandant alors un talent, il repartit: « Ceci n'est pas pour un cynique ». Plutarque dit ailleurs (De fals.pud,) quelque chose de semblable : « Il savait mieux que n'importe quel autre roi écarter des requêtes de ce genre».

°) Plut., Apophth, Antig,, il.

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