‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 196 sur 457 · OL. cxvi, 1] ÉTAT DE l'empire · texte numérisé non relu

OL. cxvi, 1] ÉTAT DE l'empire

étaient conduits, il poussa avec son bâton la porte de la tente et leur cria qu'il leur arriverait malheur s*ils ne prenaient pas plus de précautions'. En général, il était indulgent pour les appréciations concernant sa personne ; il n'y avait qu*à propos de son œil borgne qu'il n'entendait pas raillerie. Théocritos de Chios ayant répondu au chef de cuisine qui l'invitait au nom du stratège : « Tu veux pour sûr me servir tout cru au Cyclope », il le fit arrêter et mettre à mort*.

Antigone va être, durant les dix années qui suivent, le centre des affaires du monde. Son retour en Occident marque le commencement d'une nouvelle période dans l'histoire des Diadoques.

Presque à la même époque, Ëumène était mis à mort en Asie, la reine Olympias en Europe : ainsi échouait complètement la dernière tentative faite par la maison royale pour conserver et gouverner l'empire d'Alexandre dans son unité. Alexandre, il est vrai, le fils du grand roi, vivait encore; mais il était entre les mains de Cassandre, et c'était un enfant de sept ans. Il ne comptait pour rien dans le monde, si ce n'est qu'il portait attaché à sa personne le titre du pouvoir, titre que chacun des grands enviait à son voisin, dans la même mesure qu'il le convoitait pour lui-même. Le bâtard du roi, Héraclès, était encore en vie aussi, mais il n'avait aucun droit au trône ; il passait sa jeunesse dans l'oubli, dans la retraite, et ce n'est que plus tard qu'un des partis le tii*era au grand jour, afin de faire de lui pour un moment un prétendant à l'empire . Il y avait encore deux princesses de la maison royale ; l'une , Cléopâtre, fille de Philippe, veuve du roi d'Épire, recherchée en mariage par beaucoup de ces grands qui espéraient se rapprocher par elle du diadème; l'autre, Thessalonice, également fille de Philippe et mariée à Cassandre depuis la mort d'Olympias. Elles étaient toutes deux sans influence personnelle sur les grands événements dans lesquels le nom du parti

*) Plut., Apophth, Antig, 10. Senbc, De ira, III, 22, *) Plut., De ptAerw, educ, 14. On trouve un récit analogue dans Sénèque (/oc. cit.). Hermippos avait consacré à ce Théocritos un chapitre spécial dans ses ptoi, et Ambryon avait aussi composé sur lui un écrit particulier (Dioo. Labrt., V, H),

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ÉTAT DE l'empire

royal ne devait plus servir, pendant quelques années encore, que de prétexte ou d'excuse.

La situation des partis dans l'empire avait complètement changé. A la mort d'Alexandre, on voyait d'un côté Perdiccas, représentant l'unité de Tempire, dont les héritiers étaient en son pouvoir; de l'autre se' trouvaient les satrapes qui cherchaient à se soustraire à son autorité, à se rendre indépendants vis-à-vis de lui et à se faire une souveraineté propre. La chute de Perdiccas rompit le lien avec lequel Alexandre s'était efforcé de rattacher ensemble les vastes régions de son empire. La maison royale dut se réfugier sous la protection du plus puissant des satrapes; la royauté abandonna l'Asie et suivit Antipater en Macédoine. A la mort d'Antipater commence la seconde phase des événements. Cassandre, Antigène et Ptolémée se révoltent contre Polysperchon, le nouveau gouverneur général, qui aurait du représenter la royauté; ils agissent comme s'ils avaient le droit de garder ce qu'ils ont pris les armes à la main^ Le mot fatal, « droit de conquête », devient le mot d'ordre contre le droit de succession et contre l'empire. Le danger augmente toujours; la maison royale elle-même se divise en deux partis. La reine-mère, qui rentre avec Polysperchon, assassine le roi Philippe Arrhidée et son épouse ; Cassandre, à son tour, lutte contre Olympias en Europe, Antigène contre son stratège Eumène en Asie. L'empire était soutenu par les satrapes de l'Est, car c'en était fait de leur indépendance si la royauté impuissante s'écroulait; mais leurs adversaires étaient plus actifs, plus hardis, plus puissants. Déjà Ptolémée était en possession de l'Egypte, de Cyrène et de la Syrie. Antigène était maître de toutes les satrapies de l'Asie-Mineure. Avec le concours de ces deux alliés, Cassandre triomphe dans les provinces d'Europe . Dans l'Extrême-Orient, Pithon s'efforce d'usurper la domination des provinces supérieures ; Séleucos s'allie avec lui, et Antigone se

*) D'abord, lors du partage de Triparadisos :*nToXe(jLai<j> Tr|v «povwotpxoOaav 7cp04T(opi9ev • àSuvatov yàp rjv toOtov {leTaOelvai fiià to 8oxeTv tt^v Aiyv^rov Stà •cri; àvôpfita; ^X"'' olove\ ôopUxYjTov (DiODOR., XVIII, 39, 5). Diodore insiste particulièrement là-dessus (XIX, 105, 3) : £xa<jTo;... ttjv 69' èavxov TeTayitévtjv ^(opavelxev waavei' Tiva paatXeiav éopUTTjTOv. Cf. ci-desSUS p. 132, 1.

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