‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 197 sur 457 · OL. cxvi, If PUISSANCE d'antigone · texte numérisé non relu

OL. cxvi, If PUISSANCE d'antigone

joint à eux. Les grandes luttes de Tannée 317 se terminent par la destruction du parti royal en Asie et en Europe.

A partir de ce moment, ceux qui s'étaient alliés pour renverser le pouvoir royal se font eux-mêmes la guerre entre eux. En Asie^ aussitôt après la défaite des satrapes réunis sous Eumëne, Antigone s'était défait de ses alliés Pithon de Médie et Séleucos de Babylone, en assassinant Tun et chassant Tautre de sa satrapie. Tout TOrient est pour ainsi dire en sonpouvoir ; les satrapes lui ont prêté serment, ou il les a remplacés par d'autres pris parmi ses adhérents : en sus de ses anciennes provinces, qui lui rapportent 11,000 talents et plus, il dispose actuellement de la Mésopotamie, de Babylone, do la Susiane, de la Perse, de la Médie, de toutes les provinces supérieures jusqu'à rindus et l'Iaxarte; sous le nom de stratège, il gouverne tout TOrient. L'Asie-Mineure surtout lui appartient; il est en droit d y croire son gouvernement plus solidement établi que partout ailleurs ; cependant Asandros, satrape de Carie et frère de Parménion, y a considérablement accru son domaine ; il s'est établi en Lycie, a su attirer à lui les anciennes provinces d'Eumène et a soumis, par son général Asclépiodore, la Cappadoce jusqu'au Pont ; seule la ville d'Amisos résiste encore. Voilà pourquoi sans doute Antigone s'était arrêté en Cilicie ; c'était afin de ne pas en venir trop tôt avec Asandros à une rupture qui entrait dans les calculs de ses adversaires*.

En effet, dans l'état actuel des choses, Ptolémée était l'allié naturel d'Asandros ; Ptolémée avait, depuis 320, occupé la Syrie et la Phénicie, mais la rapidité avec laquelle ces provinces furent reconquises en 318 avait montré combien cette possession était mal assurée. Et cependant l'influence de Ptolémée sur les affaires du monde dépendait de là : il fallait qu'il tint dans sa main les forcés navales de la Phénicie, et par elles l'empire de la mer. Il avait fait venir en Egypte les flottes des différentes villes maritimes, qui devaient en même temps lui servir de caution et lui garantir la docilité des pays du littoral. Sa puissance était considérablement accrue par la

*) Le fait que Diodore donne à ce satrape le nom de Cassandre, comme au fils d'Antipater, explique une série de confusions dans son récit.

OXFORD

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