PTOLÉMÉE ET LYSIMAQUE
possession de Cyrène, par son alliance avec plusieurs princes cypriotes, et surtout par la sagesse avec laquelle il avait administré ses provinces et la part peu importante qu'il avait prise jusque-là aux guerres.
A cette époque, la Thrace aussi apparaît comme une puissance de premier ordre. Lysimaque, depuisia mort d'Alexandre, avait la Chersonëse, la Thrace, et tout le pays voisin jusqu'à Salmydessos sur le Pont. Déjà, sous Alexandre, le prince des Odryses, Seuthès I®', avait fait des tentatives pour recouvrer son ancienne indépendance. Lysimaque ne fut pas plutôt arrivé dans sa satrapie qu'il commença la guerre avec ce prince (322): Seuthès lui opposa 20,000 hommes d'infanterie et 8,000 cavaliers. Bien que son armée s'élevât à peine au cinquième des forces thraces, Lysimaque risqua la bataille, que tout au moins il ne perdit pas, et se retira pour recommencer prochainement la lutte avec des forces plus considér8Lbles\ Nous n'avons pas de renseignements sur le cours ultérieur de cette lutte. Lysimaque semble avoir été occupé de ce côté avec toutes ses forces, et d'une manière très sérieuse : ni dans la guerre Lamiaque, ni dans les luttes contre Perdiccas et Eumène, il n'est au nombre des puissances belligérantes; il ne prend également aucune part à la guerre contre Polysperchon, bien que le meurtre de Clitos par ses gens prouve qu'il était alors du parti d'Antigone. Néanmoins, pondant les sept années qui se sont écoulées depuis sa prise de possession de la Thrace, non seulement il a fini par forcer Seuthès à la soumission', mais il a encore étendu sa domination sur THémos, sur les villes grecques de la côte occidentale du Pont et sur les bouches du Danube'; il semble même avoir franchi THellespont et avoir pris pied solidement dans la Petite-Phrygie *. Dès lors, lui aussi devient un ennemi d'Antigone, qui avait arraché cette province au satrape Arrhidaeos.
*) DiODOR., XVIII, 14. Cf. Arrian. ap. Phot., p. 69 b.
*) Ceci résulte d'un passage de Diodore (XIX, 73, 8) : Seyôïjv... ^^^
3) DiODOR., XIX, 77 sqq.
*) Sans cela, il n'aurait pas pu revendiquer plus tard cette province contre Antigone.