OL. CXVI, 1] CASSANDRK
Enfin, en Macédoine, comme nous l'avons dit plus haut, Cassandre occupe seul le pouvoir. Polysperchon avait été hors d'état de remporter aucun avantage sur lui : la plupart de ses troupes avaient passé à l'ennemi; yEacide d'Épire, son allié et celui d'Olympias, avait été déclaré déchu par les Épirotes, et lui-même était cerné dans une ville de Perrhébie* avec les misérables restes de son armée. A la nouvelle de la mort d'Olympias et de la victoire de Cassandre, Polysperchon s'enfuit de là avec une faible escorte, s'associa avec ^acide le proscrit et se réfugia chez les Étoliens, qui étaient ses amis et les ennemis jurés de Cassandre. Cassandre avait installé un stratège en Epirc; Athènes était pour ainsi dire entre ses mains par son gouverneur Démétrios de Phalère ; la Thessalie et THellade lui obéissaient: il ne restait plus que le Péloponnèse, où Alexandre, fils de Polysperchon, tenait encore la campagne. Pour le soumettre et montrer enfin qu'il était le maître en Grèce, Cassandi*e partit dans l'été de 316 à la tête d'une armée considérable. On traversa sans obstacle la Thessalie ; mais les défilés des Thermopyles étaient occupés par les Étoliens, et ce ne fut pas sans peine qu'on vint à bout de forcer le passage. Cassandre arriva dans la plaine de la Béotie ; là, près des ruines de Thèbes, détruite par Alexandre vingt ans auparavant, il publia un décret ordonnant la reconstruction de la ville, afin d'acquérir une (c gloire immortelle' ». Les Hellènes applaudirent Cassandre : les Messéniens et les Mégalopolitains, même les habitants de la Grande-Grèce et de la Sicile, les Athéniens surtout, prirent part à la reconstruction ou envoyèrent des secours d'argent; les Athéniens célébrèrent des fêtes de joie dans leur ville et construisirent une grande partie du mur d'enceinte ^; même parmi les Béotiens des alentours, jadis les pires ennemis des Thébains, beaucoup, maintenant
*) Diodore (XIX, 52) l'appelle Naxion, nom auquel Dindorf, adoptant une correction proposée par Wesseling, substitue "A^topo;. D'après Strabon ^XII, p. 327), il y avait une Azoros en Pélagonie.
*) xai 6tà tJjv evepYEfftav tccjxr^y tu-/6îv àôavaTOU ÔiÇr;; (DlODOR,, XIX,
') Plut., Prœc. poL, p. 814. Pausan., IX, 7. Cratès le Thébain disait en s'en allant : « Qu'ai-je alTaire d'une ville que détruira bientôt un second Alexandre? » {Mlus., Var. Hist,, III, 6. Dioo. Laert., VI, 103).