‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 200 sur 457 · RECONSTRUCTION DE THÈBES [U · texte numérisé non relu

RECONSTRUCTION DE THÈBES [U

que le maître était dans le pays, firent preuve d'un zfele empressé ; les Platéens décidèrent que les Thébains prendraient part dorénavant à leur fête de Dédale et seraient leurs bons amis\ Cassandre, en reconstruisant la ville de Thèbes, gagnait non seulement une position importante et un État qui lui serait dévoué au cœur de la Grèce, mais les sympathies de Topinion publique dansle monde grec. Il donnait, en effet, aux Hellènes la satisfaction de voir rapporter une mesure qu'ils s'étaient habitués à exécrer comme un révoltant abus de la force commis par Alexandre.

Avec cette auréole de générosité, Cassandre continua sa route vers le Péloponnèse. A la nouvelle qu'Alexandre, fils de Polysperchon, avait occupé l'isthme, il s'arrêta à Mégare,yfit réunir des bâtiments et construire des radeaux sur lesquels il transporta son armée et ses éléphants à Épidaure. Il passa ensuite par Argos et força la ville à abandonner le parti d'Alexandre : elle dut aussi recevoir une garnison macédonienne, commandée par Apollonide. De là il se rendit dans la Messénie, qui embrassa sa cause jusqu'au mont Ithome : d'autres places du Péloponnèse se rendirent à lui par capitulation. Enfin Alexandre marcha à sa rencontre*.

Soudain, malgré sa supériorité, au moment où tout l'avantage était de son côté, il reprit en toute hâte le chemin de la Macédoine, ne laissant que 2,000 hommes sous le commandement de Molycos pour occuper Tisthme. Il fajut supposer que c'est à ce moment même qu'il reçut la nouvelle de Ja fuite de Séleucos en Égj^pte, de l'arrivée d'Antigone et de l'ouverture prochaine des hostilités contre le seigneur et mattre de l'Orient. Il avait bien quelques motifs d'inquiétude ; encore que l'étendue de sa domination égalât au moins celle qu'avait

<) Paitsan., IX, 3. L'inscription du C. I. Attic. (II, n» 232) doit avoir trait à celte restauration. La date en est fixée par Diodore. Polémon (ap. Athen., I, p. 19) dit qu'un des Thébains qui avaient pu s'enfuir lors de la destruction de la ville (en 335) avait caché son or dans les plis de la draperie d'une statue, et que, quand la ville fut rebâtie ((jvvoixiCofjiévt); x^ç ic6Xe(0c)> il retrouva en rentrant Tor resté là depuis 30 ans. Polémon aurait dû dire « vingt ans », s'il tenait à être exact. Je ne sais qliel parti lirer de Tasserlion de Tzetzès {Chiliad., VII, 139).

«) DiODon., XIX, 53.

Page 1