‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 201 sur 457 · OL. cxvi, l] LES nouveaux antagonistes · texte numérisé non relu

OL. cxvi, l] LES nouveaux antagonistes

son père lorsqu'il risquait l'expédition de Tan 321, il ne pouvait se dissimuler que la possession de TÉpire n'était pas sûre, que son autorité n'était pas non plus bien assise en Grèce, et qu'en Macédoine même son gouvernement n'était pas populaire comme l'était jadis celui de son père. Il pouvait compter qu'aux premiers symptômes d'une grande guerre, le monde hellénique commencerait à vibrer et se trouverait doublement préparé pour une révolution soudaine, maintenant qu'Alexandre, campant sur l'isthme avec son armée intacte encore, semblait inviter à la révolte et garantir le succès.

Tel est le bilan de cette année 316, qui tire à sa fin. De même que la première grande guerre, celle des satrapes contre les adhérents de Perdiccas, avait été dépassée par la seconde, celle dirigée contre la maison royale et ses représentants, de même la troisième menace de devenir plus terrible encore que les deux précédentes. Des forces plus considérables, des prétentions plus hautes, des visées plus audacieuses, des droits plus contestables sont en présence : déjà ce ne sont plus des satrapes et des stratèges, mais des puissances politiques, des États naissants, des royaumes en formation qui s'opposent les uns aux autres. Le stratège Antigène est maître de l'Orient; il veut réunir sous son autorité tout l'empire d'Alexandre, dont il a déjà soumis la plus grande partie ; contre lui il aies quatre potentats de la Macédoine, de la Thrace, de l'Asie-Mineure, de l'Egypte, plus un cinquième qui s'est enfui de sa satrapie de Babylone pour la reconquérir avec le concours des autres.

Le sort de l'empire est de nouveau mis en question. Il s'agit de savoir si le stratège va le reconstituer en prenant TAsic pour point de départ, ou si le dernier lien de l'empire va disparaître avec sa défaite.

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