CHAPITRE PREMIER
Co€dilion contre Anligone. — Négociations. — Préparatifs d'Anlij^'one : ses forces maritimes. — Commencement de la lutte en Asie-Mineure. — Premiers mouvemements des alliés. — Alexandre abandonne la cause d*Antigone. — Fin de la première anné« de la guerre. — Deuxième année de la guerre (314). — Anligone fait la conquête de Tyr. — Troisième année de la guerre (313). — Lysimaque contre Calîalis. — Capitulation d'Asandros. — La lutte en Grèce. — La lutte pour l'Eubée. — Soulèvement de Cyrène et de Cypre. — Quatrième année de la guerre (312). — La lutte pour l'Épire. — Lutte dans le Péloponnèse. — Lutte en Syrie. — Bataille de Gaza. — Retraite de Démétrios. — Ptolémée occupe la Syrie. — Retour de Sélèucos à Babylone. — Défaite de Nicanor. — Victoire de Démétrios à Myonte. — Ptolémée se retire de la Syrie. — Campagne contre les Nabatéens. — Expédition de Démétrios contre Babylone. — Paix de 31 i. — - Résumé.
Séleucos était venu en Egypte auprès de Ptolémée à la fin de Tété de Tannée 316 et y avait trouvé Taccueil le plus honorable. Il faut remarquer surtout Texposé qu'il fit alors à l'Egyptien, si nous en croyons l'auteur le mieux informé. C'est « un acte d'accusation plein d'amertume contre Antigone » : il a, dit-il, manifestement l'intention d'expulser des satrapies tous les hommes de quelque importance, notamment les anciens compagnons d^armes d'Alexandre; c'est ainsi quMla assassiné Pithon de Médic, qu'il a dépouillé de sa satrapie Peucestas de Perse, et qu'il a cherché querelle à Séleucos lui-même, dans l'espoir de trouver une raison quelconque de se débarrasser de lui. Aucun d'eux n'avait rien fait contre lui, bien au contraire; ils l'avaient soutenu dans sa lutte contre Eumfenc partons les moyens et avec une entière abnégation ; telle était maintenant leur récompense : sa puissante armée, les immenses trésors, fruit de ses pillages en Asie, ses étonnants succès
SËLliUCOS Kt PTOLÉMËE [111, 1
mt teiiement gonflé d'orgueil, qu'il croyait pouvoir atù au pouvoir suprême et qu'il le voûtait ; il était évident n'ambitionnait rien moins que la possession de tout re : si on ne lui opposait pas à temps une sérieuse réce, c'en était fait de la puissance des satrapes, dont la rt en Orient étaient déjà dans sa dépendance. Séleucos t sans peine à persuader Ptolémée de l'imminence du F, et à le décider à une guerre qui, étant données les [Stances, semblait inévitable. En même temps, Séleucos ait des hommes de confiance à Cassandre et à Lysimaque, ippeler leur attention sur le développement exagéré de ssance d'Ahtigono, sur le danger qui les menaçait eux et pour les déciderai s'allier entre eux et avec l'Egypte: ilquo de cette façon qu'ilspouvaientespérer être en mesure iîster aux forces immenses de l'adversaire. Les négocia- Furent entamées avant le commencement de l'année 315, liance définitive fut préparée'.
■s le temps de ces négociations, Antigone avait marché lylone sur la Cilicie^et y avait pris ses quartiers d'hiver : il pu prévoir que Séleucos ferait tous ses efforts pour r contre lui les potentats de l'Occident ; il espérait sans que si, dans ta position décidément prépondérante qu'il [)risc, il se montrait prévenant à leur égard et s'il démcni desseins ambitieux dont l'accusait Séleucos, il amfene- >ur le moins les autres chefs h ne pas se coaliser et à sser le temps d'exécuter d'autant plus sûrement ses plans : chacun d'eux en particulier. Il envoya des ambassadeurs êméc, à Cassandrt^ k Lysimaque , pour leur rendre compte iccès qu'il avait obtenus en Asie contre l'eiineini' cornet les inviter à conserver encore k l'avenir le lien d'amii lui avait permis de faire valoir leurs intérêts communs.
ODoii., XIX, E6. On dut envoyer également vers Asandros, bien soit nommé ni par Dio<lore, ni par Pdusanias ((, 6, 3), car il en est 1 dans lo3 concilions que plus lard les coalisés posent à Antigone. résulte du récit de Diodore, qui parle de celle ligue immédialemenl es quartiers d'hiïer d' Antigone. Il esl vrai qu'U place le fait sous itat de Praxilioulos, qui ne ooramencc qu'en été 315, par con- . sepl mois après l'enlrée des troupes dans les quartiers d'hiver ; mais iienienl des Taits indique la chronologie cxacù.