‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 204 sur 457 · OL. CXVI, 1] PLAN D*ANTIGONE 3H · texte numérisé non relu

OL. CXVI, 1] PLAN D*ANTIGONE 3H

qui en avait la direction dans les choses essentielles, avait sur mer une force disponible supérieure à la sienne^ et il avait dans son année navale la flotte phénicienne. Maître de lamer, il avait la possibilité de rester en relations constantes avec ses alliés, de maintenir la liberté de THellespont, d'amener d'Europe en Asie-Mineure les armées des alliés, d'attaquer, avec celles-ci et les forces d'Asandros, son adversaire par le nord, tandis que l'armée égyptienne l'attaquerait au sud.

n fallait qu'Antigone songeât avant tout à rendre d'avance un tel plan de campagne irréalisable ; il fallait qu'il occupât les puissances européennes de façon à ce qu'elles ne pussent prendre aucune part à la guerre en Asie, et qu'il isolât de la même façon son adversaire en Asie-Mineure, afin de pouvoir se tourner avec des forces supérieures contre Ptolémée et l'anéantir séparément. Pour cela, l'armée de terre ne suffisait pas ; il fallait attaquer du côté de la mer, et pour le moment Antigone n'avait pas un navire à sa disposition. Ce qu'il y avait à faire, c'était de s'emparer immédiatement de la côte de Phénicie et de Syrie, et ensuite, puisque Ptolémée avait retiré tous les navires qui s'y trouvaient, de construire avec toute la rapidité possible et à tout prix sur les chantiers phéniciens des navires neufs et de les mettre en état de prendre la mer. Comme la Phénicie n'était pas en état de résister à une attaque vigoureuse venant de la terre, il était possible d'arriver rapidement à un résultat de ce côté.

Antigone envoya en même temps Agésilas à Cypre, Idoménée et Moschion à Rhodes, pour attirer dans ses intérêts ces deux îles, qui étaient les stations navales les plus considérables et possédaient des navires en quantité, et faire construire sur leurs chantiers des navires neufs. Son neveu Ptolémée devait marcher sur TAsie-Mineure avec un corps considérable, chasser rapidement de la Cappadoceles troupes d'Asandros, se mettre en communication avec le tyran d'fléraclée*, se tourner ensuite vers l'Hellespont, afin d'y barrer le passage à des secours venant d'Europe et de menacer les flancs du satrape de Carie, enfin nouer des relations, si c'était

*) Memnon ap. Phot., p. 229, 6, i (IV, 7). Fr. Hist. Grœc. IIT, p. 530,

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possible, avec les villes grecques du Pont, qui étaient soumises à Lysimaque, et les insurger. Dans le Péloponnèse fut envoyé le fidèle MilésienAristodémos avec 1 ,000 talents: il avait ordre de recruter le plus possible de troupes sur le Ténare, de nouer des négociations avec Polysperchon et son fils Alexandre, de nommer le premier, au nom d'Antigone, stratège du Péloponnèse et d'inviter le second à venir en Syrie pour s'entendre ultérieurement avec Anligone ; le plan consistait à faire attaquer Cassandre par des troupes venant du Péloponnèse et à le retehir à Athènes.

Au printemps de 345, Antigone envahit la Syrie, chassa les garnisons égyptiennes des villes* et se dirigea sur Tyr à marches forcées. Cette ville était, depuis Alexandre, le point le plus fort de la côte phénicienne ; elle était alors occupée p^r une garnison égyptienne considérable. Située sur une île, elle ne pouvait être attaquée et prise que par mer: Texemple d'Alexandre avait montré les inconvénients de la construction d'une digue. Antigone était campé en face de Tîle, dans la Ville- Vieille; c'est là qu'il manda les princes des villes phéniciennes, et les hyparques des territoires syriens : il déclara aux princes qu'il avait de bonnes intentions à leur égard et qu'il ne les troublerait pas dans leurs possessions; ce n'était pas leur faute si Ptolémée avait enlevé tous les navires de leur pays; il avait besoin de vaisseaux, et il les priait de s'associer à lui pour en construire de neufs aussi vite que possible ; il chargea les hyparques de recueillir au plus vite le blé et les provisions nécessaires pour une année. On envoya alors 8,000 hommes abattre dans le Liban des bois de construction pour les navires; on leur donna 1,000 bêtes de trait pour amener le bois aux chantiers : des milliers de charpentiers, de forgerons, de cordiers, d'ouvriers de toute espèce, travaillaient sur les trois chantiers de la Phénicie, à Sidon, à Byblos et à Tripolis : dans un quatrième chantier, en Cilicîe, on travaillait

*) On Voit par Âppien (Syr,, 53) qu*à proprement parler la Syrie entière était d'abord au pouvoir de- Ptolémée, mais qu*Ântigone, sans doute au moment où il rétrograda sur la Gilicie, s'était emparé d*une partie de la région (ô Bï àvrmapeffxeuaCeto xa\ sU^aXe toc; 9poupàc 8aai ïxi T)aav ev t^ £vp{ai nToXe(ia{ou).

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