OL. cxvi, 1] antigone en phénicie
avec les bois du Taurus : on expédia encore des bois de construction aux chantiers de Rhodes, et là aussi régnait Tactivité la plus fiévreuse. Une flotte égyptienne de 100 voiles, complètement armée en guerre, croisait sous les ordres de Séleucos devant la côte phénicienne : elle semblait se railler des travaux exécutés sur les chantiers. Les villes étaient inquiètes et s'attendaient à voir les côtes attaquées par mer sans pouvoir se défendre. Antigone les rassurait en leur promettant qu'avant la fin de l'été elles le verraient conduire 500 voiles au devant de Tennemi *. C'est vers ce temps qu'Agésilas revint de Cypre : parmi les princes de Tîle, il n'avait réussi à rallier que ceux de Cition, d'Amathonle, de Marion, de Lapethos et de Cérynia ; les autres, notamment Nicocréon de Salamine, étaient du côté de Ptolémée. Celte circonstance empêchait, au moins pour le moment, de compter sur l'appoint de la flotte cypriote*.
•) êv Taikti T^ ôepeiflf (DiODOR., XIX, 58, 6). On trouve quelques renseignements sur la construction de cette flotte dans Pline (XIII, 11).
•) Ces faits et ces noms ont besoin d'un commentaire. A cette époque comme au temps des Perses (Diodor., XVI, 42, 2), les neuf grandes villes de Tîle, dont le territoire englobait les petites, avaient chacune leur roi. Les cinq qui se rallient à Antigone sont évidemment les moins puissantes. Ce sont : 1® Lapethos, sous Praxippos (Diodor., XIX, 79, 4). 2" Cition^ probablement sous Pygmalion (Diodor., t6û2.), à moins que ce ne soit le nu(MtToc à KiTteu; qui, suivant Douris (fr,, 13), acheta la couronne au viveur paresseux Pasicypros ; nous ne saurions dire si ce Pygmalion ou Pasicypros, ou tous deux, appartenaient à la famille de Méléciathon, roi de Cition et d'Idalion, connu par les monnaies et inscriptions cypriotes (Brandis, MonaCsber. der Berl. Akad.i 1873, p. 653). 3© La ville de Cérynia, dont Diodore (XIX, 79) cite le « dyna^te « sans donner le nom de ce personnage. 4« Amathonte, à qui Diodore (XIX, 62, 6^ assigne également un « dynaste », tandis que, dans Arrien (II, 22, 2), Androclès en est évidemment le prince légitime. 5« Enfin Marion, sous Stasiœcos, à tôv Maptéoiv (Diodor., XIX, 79) : il importe peu que les mss. donnent tov toO M(xXtlb>; ; pourtant, diaprés les monnaies publiées par WAnoiNOTON (Mélanges, p. 56) et qui portent BfAPA ou MAPAO, le nom véritable de la ville a été grécisé (cf. Brandis, Mùnzwesen, p. 502). — Viennent ensuite les villes rangées du côté de Ptolémée. Ce sont : 6® So/t, qui était gouvernée en 331 par Pasicrate, à SôX:o;, comme l'appelle Plutarque {Alex., 29) : Arrien {Ind,, 18) nomme parmi les triérarques de la flotte de l'Indus NixoxXIyjç IIa(rcxpd(Teo; SôXio; ; le satrape de Drangiane et d'Arie, STotrràvwp à SôXio;, pouvait être son frère. Comme Athénée (XIII, p. 576) rapporte que Ptolémée donna sa fille Irène à Eunostos, à S6Xb>v Tôv 6v KOicpo) pa<nXe\5ç, on peut admettre que cet Eunostos régnait alors et était un fils de Pasicrate. 7® Salamine, qui depuis Évago-