PRÉPARATIFS DE PTOLÉMÉE [III
furent par conséquent reconnues villeslibres, et avec Zipœtës, qui lui fournit des otages, s'engageant à ne plus inquiéter désormais les villes*. C'est alors que le stratège reçut une lettre de son oncle, lui annonçant que la flotte ennemie s'était dirigée vers la côte ionienne et qu'il fallait faire les derniers efforts pour la prévenir en occupant les villes de Tlonie. Ptolémée quitta pour le moment THellespont et courut à travers la Lydie vers la côte. Il apprit en route que Séleucos avec sa flotte était à Tancre devant Érythrae et bloquait la ville ; il y courut à marches forcées : les troupes ennemies se retirèrent sur la flolte, qui prit position plus loin.
Pendant que ces événements se passaient en Asie-Mineure, les adversaires n'avaient pas été inactifs; Ptolémée d'Egypte, qui avait le plus à craindre mais qui avait de tous les alliés l'armée la plus puissante, était très occupé à prévenir Tennenii sur tous les points ou à marcher au-devant de lui. Il avait, comme nous l'avons déjà dit, dès le début des hostilités^ fait prendre la mer à une escadre de 100 voiles, dant l'objectif principal semblait être d'empêcher l'adversaire de réunir une flotte : il avait gagné à la cause commune les plus puissants desprinces cypriotes, et leur avait envoyé 3,000 hommes pour les aider dans la lutte avec les princes alliés d'Antigone ; il avait adressé une proclamation aux villes grecques, dans laquelle, comme Àntigone, il leur assurait la liberté * : cette mesure, quoique opposée aux intérêts de Cassandre, pouvait sembler nécessaire pour détruire l'impression qu'allait produire le décret d'Antigone. Ce qui est plus surprenant, c'est que Ptolémée se soit laissé arracher si tranquillement la Syrie etlaPhénicie. Il avait sans doute calculé que la défense de ce pays lui eut coûté des
*) Zipœtès était, dans la dynastie de Bithynîe, le successeur de Bas ; la guerre de Zipœtès avecCJialcédoiné, dont parle Plutarque dans ses Ques^ tions grecques, doit avoir eu lieu plus tardi
2) Diodore (XIX, 62) dit que Ptolémée, après le décret d'Antigone, en avait rendu un semblable : ^ypa^/e xa\ otZxhç xà itapaTrXi^aia pouX^juvoc eiîévati Tov; "EXXYivotç, 5ti çpovx^Çei ttjç auTovojiia; avxôv ou^ tjttov *AvTty6vov. On peut conclure de là que ce décret égyptien ne concernait non plus que les. villes grecques en dedans des Thermopyles. Naturellement, c'était de la part du satrape d'Egypte une pure usurpation de pouvoir que de lancer un décret semblable, que l'empire et son vicaire avaient seuls qualité pour rendre.