OL. ex VI, 2] ptolémée et séleucos
sacrifices énormes en hommes et en argent; que^ s*il ne marchait pas en avant, il forçait son adversaire à venir chercher une bataille décisive dans le .voisinage de TÉgypte, qui lui offrait tant d'avantages ; qu'une victoire remportée là lui rendait la Syrie, tandis qu'une défaite lui laisserait ouverte la retraite sur le Nil, où il serait protégé par les difficultés du terrain. Ce qui était plus grave, c'était le peu de succès des premiers mouvements de la flotte égyptienne : peut-être ï^tolémée et Séleucos avaient^ils été surpris de voir Antigone créer une marine nouvelle avec une si étonnante rapidité; peut-être leurs 100 voiles étaient-elles insuffisantes pour arrêter les travaux de Tennemi, travaux si vite commencés et couverts par son armée de terre. Ptolémée devait se hâter de faire prendre la mer à une flotte beaucoup plus importante qu'il n'avait cru nécessaire. Aussi Séleucos revint-il à la fin do Tété d'Érythra» ^à Cypre» où se réunissait une deuxième flotte plus nombreuse que l'autre. Ptolémée y envoya cent nouveaux navires sous l'amiral PolycUtos, avec 10,000 hommes d'infanterie sous l'Athénien Myrmidon ; tous deux étaient placés sous le commandement de son frère Ménélaos, qui avait pour instnictions de s'entendre avec Séleucos au sujet des mouvements qui seraient plus tard nécessaires. Lorsque les deux flottes eurent fait leur jonction, il fut résolu que Polyclitos, avec53 navires, ferait aussitôt voile vers le Péloponnèse pour opérer contre Polysperchon et Aristodémos, tandis que Myrmidon, avec une grande partie de l'armée, irait en Carie et porterait secours à Asandros, que menaçait justement le stratège Ptolémée. Séleucos et Ménélaos eux-mêmes restèrent pour le moment à Cypre ; unis à Nicocréon et aux autres princes alliés, ils attaquèrent les amis d' Antigone, prirent Lapethos et Cérynia, décidèrent le prince deMarion à passer de leur côté, prirent des otages du dynaste d'Amathonte, enfin, se tournèrent avec toutes leurs forces contre Cition, dont le prince refusait de se donner à la Ligue, et assiégèrentla ville. Ceci se passaiten automne 315. S'ils réussissaient à prendre la ville, ils devenaient maîtres de toute Tlle, position des plu s^ importantes pour une guerre maritime*.
«) DiODOR., XIX, 62.
320 LA FLOTTE d'aNTIGONE [III, 1
Cependant une flotte considérable s'était rassemblée du côté de Tadversaire, qui assiégeait Tyr. 11 y avait déjà plusieurs mois que le navarque Thémison avait amené de Rhodes et de THellespont 40 vaisseaux ; bientôt après, Dioscoride * en amena 80 venant des mêmes lieux ; en outre, 120 vaisseaux avaient déjà été achevés sur les chantiers phéniciens, de sorte que la flotte d'Antigone se montait à 240 vaisseaux de guerre, parmi lesquels 90 à quatre rangs de rames, 10 à cinq, 3 à neuf, 10 à dix, et 30 non pontés*. Une partie de ces vaisseaux fut employée à continuer le siège de Tyr; une autre fut envoyée sous Dioscoride pour croiser sur mer, protéger les alliés, occuper les iles; enfin, 30 voiles devaient se rendre dans le Péloponnèse et soutenir les mouvements qui s'y faisaient.
La lutte était déjà très vive dans le Péloponnèse. Le décret libérateur d'Antigone n'avait pas provoqué l'enthousiasme général qu'on attendait : on se l'explique en présence du dé-' cret semblable de Ptolémée, et de la prédominance du parti de Cassandre appuyé par les garnisons macédoniennes. Athènes notamment, dirigée par Démétrios^ semble avoir pris tout de suite et ouvertement parti pour Cassandre'; ce n'est que dans le Péloponnèse, où Polysperchon et son fils Alexandre avaient pris pied solidement et où les troupes considérables
*) Dioscoride est le cousin germain d*Antigone, si le mot àdsXçtooOv dans Diodore {loc, cU,) est exact. Wesseling rappelle qu'il y avait un Thémison roi de Cypre, à qui était adressé le UpoTpcimx^ç d'Arislole (d Câpres Télés ap. Stob., Serm, XCIV, p. 516); roi, je ne sais trop de quelle ville de Cypre. On rencontre plus tard, à la cour d'Antiochos II, un Cypriote de marque portant ce nom (iÊuAN., Var. Hist. Il, 41. Athen., VII, p. 289. X, p. 438). Le Thémison mentionné dans Je texte est certainement le Samien dont parle Diodore (XX, 50) .
') Les autres vaisseaux sont naturellement des trirèmes. Il est probable que Néarque, qui tenait pour Antigone, dirigeait la construction des navires.
') Dans le décret rendu en Thonneur de Phœdros (C I. Attic, II, n*» 331), on dit de son père Thymocharès : xai inX Ilpa^iêouXou apxovTo;(01.CXVI,2. = 315/4) rXauxéTOu xaTCiXiQçâTO; KuOvov xa\ xaTayaYÔvTo; IvteOOcv xol TcXota Tf,v TC itiXiv ^Xaêev xai aùrbv rXauxéty^v xoi xol itXoîa toi jjlst' œvtoO xa\ icapeoxruaocv
àaçôXeiav toi; itXéouffi ttjv OoXaTTJxv, On peut se demander si cette expédition a eu lieu encore dans Tété de 315 ou au printemps de 314. Glaucélès ne doit pas avoir été un simple pirate, mais un partisan au service d*Antigone ; s'il a coulé des navires athéniens, c'est qu'Antigone considérait les Athéniens comme des ennemis. .
3iS : oL. cxvi, 2] la guicrre kn helladë 321
réunies par Aristodémos et par Alexandre, revenu de Syrie avec 1,000 talents, donnaient la prépondérance à la cause d'Antigone, qu'il se fit quelques mouvements contre la Macédoine. Apollonide, lieutenant de Cassandre à Argos, étant parti en expédition contre Stymphalos en Arcadie et occupé à assiéger cette ville, le parli hostile s'insurgea, proclama la liberté, et fit inviter Alexandre à venir et à prendre possession de la ville; mais, comme Alexandre ne se pressait pas, Apollonide réussit bientôt à reprendre Argos. Arrivé à la tête de ses troupes sur Tagora, il fit mettre le feu au Prytanée, où étaient réunis les SOO citoyens du parti contraire qui formaient le Conseil. Les SOO furent brûlés: parmi les autres citoyens, un grand nombre fut exécuté ; la plupart prirent la fuite.
Cependant, à la nouvelle des enrôlements d'Aristodémos dans le Péloponnèse et des forces considérables que les adversaires avaient réunies, Casàandre, après avoir tenté sans y réussir de détacher Polysperchon d'Antigone, avait levé une armée , s'était rendu à marches forcées en Béotie par la Thessalie, avait aidé les Thébains à achever leurs tnurailles et leurs tours, afin de posséder dans leur ville un point fortifié de plus, et s'était avancé ensuite vers l'Isthme. De là il prit Cenchrées, le port de Corinthe sur le golfe Saronique, traversa en le dévastant dans tous les sens le territoire de la ville, et força à capituler deux châteaux-forts occupés par des garnisons d'Alexandre; quant à Corinthe elle-même, elle resta aux mains de l'ennemi. De là il courut en Arcadie contre Orchomène, où l'avait appelé une faction; il laissa à ce parti le soin de punir les partisans d'Alexandre, qui s'étaient réfugiés au temple d'Artémis; ceux-ci furent arrachés du pied des autels et massacrés. Ensuite il envahit la Messénie, mais trouva la ville de Messène si fortement occupée par Polysperchon, qu'il renonça à donner l'assaut; il revint en Arcadie, où il laissa Damis -en qualité de stratège de la région, puis descendit vers Argos : après avoir célébré les jeux Néméens, il conduisit son armée en Macédoine*. Il n'avait pas remporté de succès définitifs;
*) ^cfltpcXOcov sa eiç rrjv *ApyetavxaiOe\; tov twv N&fji^cov aycova tyjv el; Maxsoovc'av cicâvoôove7coir,<TaTo(DioDOR., XIX, 6i, 1). Suivant Unoeh {PhilolorjuSy 1878, p. 'à%3), ces Néméennes auraient été célébrées dans l'été de 315. Je crois n 21
IPCCTIO» D'ALEXA^DHIi: [III, 1
i adversaires n'avaient pas osé le braver
irli, ils sortirent de leurs retraites, pé- 3 occupés par des troupes macédonienadversaires de toutes les villes l'une livrent partout la liberté; bientôt la plus lonitèsc Fut dans leurs mains. Cassandru Is de Polysperchon la tentative qui avait re. Il l'invita par un message secret à l'Antigonc et à devenir son allié; il lui ' tratégie du Péloponnèse, le commande- Brtante, et, en général, les honneurs qu'il . pas comme le père ; en eïfel, on lui ofel ce qu'il ne pourrait obtenir tant qu'il iligone, à cause du voisinage d'Arisloilyspercbon; peului importaitde devenir lère. Il passa donc à l'ennemi, à ce qu'il le partie des troupes enrôlées par lui et iCQça à se comporter comme stratège de g^ons septentrionales du Péloponnèse, et k Corintbe.
Polyclitos abordait k Cencbrées avec les ucos lui avait confiés; comme, après la , il trouvait qu'il n'y avait plus grand'-
aussitôt avec sa flotte dans les eaux h la côte de Cilicie près d'Aphrodisias ; otos, le navarque d'Antigone, longeait, [tbodcs dont les équipages avaient été ôte de la Lycie, et que Périlaos accomi côte avec une armée destinée à ta cour à la rencontre des deux généraux ; il
et les rangea sur un terrain favorable.
KIV, p. 16) qu'il n'est plus possible, avec les ions, d'établir des règles en ce qui concerne les ïméenneE, de sorte qu'on ne peut pas utiliser U ie pour fixer la date d'un fait avec lequel on la dont il est question ci-dessus parait, d'après oir été célébrée dans l'aulomne de 315.