‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 210 sur 457 · oL. cxvi, 2] victoike dk la flotte égyptienne 32»J · texte numérisé non relu

oL. cxvi, 2] victoike dk la flotte égyptienne 32»J

que devait traverser la colonne ennemie, taudis que lui-nième, avec toute sa flotte, était à Tancre derrière un promontoire qui le cachait aux yeux de l'adversaire pendant que celui-ci s'approchait. Périlaos' pénétra sans la moindre défiance dans la région ainsi occupée: le combat s'engagea; Périlaos et un grand nombre de ses soldats furent faits prisonniers; un plus grand nombre tomba sur le champ de bataille. Les hommes de la flotte de Théodotos débarquèrent pour aller au secours des leurs. En ce moment, Polyclitos sortit de Tembuscade avec sa flotte et surprit les vaisseaux, qui étaient pour la plupai'tsans défense. C'est en vain que Théodotos voulut lutter, avec le petit nombre d'hommes qu'il avait avec lui : mortellement blessé, il fut fait prisonnier; tous ses navires furent pris. C'est avec ce butin que Polyclitos revint par Cypre en tgyple,'où il aborda près de Péluse.

C'était, après la défection d'Alexandre et la perte de Cypre, le troisième coup terrible qui frappait Antigone. Son stratège Ptolémée n'osa pas attaquer la Carie, après les renforts considérables qu'Asandros avait reçus parMyrmidon; lui-même assiégeait Tyr depuis huit mois déjà sans obtenir le moindre résultat. Les négociations au sujet du rachat de Périlaos et des autres prisonniers furent l'occasion d'un rapprochement entre Ptolémée et Antigone ; après ces premiers pourparlers, ils se rencontrèrent tous deux à la limite de la Syrie et de l'Egypte, près de l'émissaire du lac Sirbonide. Les prétentions de Ptolémée n'étaient pas de celles qu'Antigone pouvait accepter: ils se séparèrent sans que les négociations eussent eu d'autre résultat qu'une continuation plus acharnée de la guerre*.

Tel était l'état des choses lorsque commença, au printemps 314, la deuxièmeannée do la guerre. Pendant qu' Antigone luimême poursuivait avec toute l'ardeur possible le siège de Tyr, son fidèle général Aristodémos déployait son activité dans le Péloponnèse, afin de réparer aussi bien que possible les pertes causées par la défection d'Alexandre. Il était allé en Étoile : dans une assemblée générale des Éloliens, il les invita

«) DioDon., XIX, 04.

324 LA GUERftE DANS LE PÉLOPONNÈSE [III, 1

à se déclarer pour Antigone contre Cassandre, Tenneinî commun, et à lui fournir un concours énergique contre ce dernier. Ils le promirent ; Aristodémos recruta des soldats parmi les Éloliens, et passa dans le Péloponnèse avec des forces considérablement accrues. Il débloqua Cyllène, qui était alors vigoureusement attaquée par Alexandre et les Éléens ses alliés; il y laissa une garnison considérable et marcha sur l'Achaïe; il chassa de Patrae la garnison de Cassandre, et la ville fut proclamée libre : Jîgion fut prise aussi et devait être aussi déclarée libre, mais les mercenaires étoliens prévinrent cette décision en pillant et brûlant la ville, de sorte que le plus grand nombre des habitants périt. Les Dyméens répondirent à l'appel à la liberté en séparant par un mur leur ville de la garnison macédonienne de facropole et en s'apprêtant à faire le siège de la citadelle, mais Alexandre accourut, surprit la ville et s'en empara: un grand nombre de Dyméens furent mis à mort; beaucoup d'autres furent expulsés ou mis en arrestation ; ceux qui restèrent envoyèrent, aussitôt qu'Alexandre fut parti, des ambassadeurs à ^Egion pour demander des secours à Aristodémos : à l'aide de ce renfort, ils attaquèrent de nouveau la garnison, la réduisirent, mirent à mort la plus gi*ande partie des soldats avec les citoyens partisans d'Alexandre et proclamèrent la liberté. C'est ainsi que la guerre intestine se déchaînait dans les villes du Péloponnèse, et que le nom de la liberté servait de manteau à la discorde la plus sanglante.

Alexandre était de nouveau parti de Sicyone pour asservir les villes attachées à Antigone; pendant sa marche, il fut assassiné par quelques Sicyoniens de son entourage, qui espéraient assurer la liberté de leur ville. Mais l'épouse d'Alexandre, la belle et hardie Cratésipolis, se hâta de s'assurer de son armée : elle pouvait se fier au dévouement des troupes, dont elle avait fait la conquête par sa bonté, par les soins prodigués aux malades, par ses aumônes aux veuves et aux orphelins ; elle était initiée aux affaires de son mari et avait été, à la mode de ce temps, exercée aux armes. Comme les Sicyoniens, à la nouvelle de l'assassinat d'Alexandre, avaient couru aux ^rmcs, décidés à défendre à tout prix leur liberté reconquise, elle se mit à la tête des troupes, marcha contre les citoyens,

Page 1