OL. cxvi, 3] campagne de cassandre
les vainquit, fit mettre en croix trente des meneurs et contraignit la ville à la reconnaître pour souveraine *.
C'est vers ce temps que les Acarnaniens avaient entrepris une guerre contre leurs voisins lesÉtoliens : ils l'avaient fait, à ce qu'il parait, par l'impulsion de Cassandre ; il est certain du moins que dé dernier conclut aussitôt une alliance avec les Acarnaniens, qu'il accourut de la Macédoine avec une armée considérable et campa au nord du territoire étolien, sur le fleuve Campylos. U invita les Acarnaniens à venir y tenir une assemblée générale ; il leur remontra que, de temps immémorial, ils menaient sans interruption avec les Étoliens cette guerre de frontières, et que le grand nombre de leurs petites places fortes isolées ne faisait que disperser leurs forces sans les protéger effectivement: il leur recommanda de se concentrer dans un petit nombre de villes importantes ; de cette façon, ils ne seraient pas dans la suite réduits par leur dispersion à ne pouvoir se réunir pour résister à une attaque inopinée, et les ennemis seraient moins hardis à les surprendre quand ils seraient groupés dans quelques localités plus considérables. Les Acarnaniens suivirent ses avis : les uns allèrent occuper la ville forte de Stratos sur l'Achéloos; d'autres Œniadae, à l'embouchure du fleuve; d'autres encore Souria et Agrinion, en face de Stratos*. Cassandre, après avoir chargé le stratège d'Épire, Lyciscos, de soutenir les Acarnaniens, marcha alors contre lavilledeLeucade, qui se soumit spontanément. De là il courut au nord, en traversant le pays des Épirotes, surprit Apollonie et s'en empara; puis il marcha contre Glaucias, le prince des Taulantins, sous la protection duquel s'était placé le fils du roi exilé des Épirotes, et, après un combat terminé à «on avantage^, le força à prendre l'engagement de ne rien
') èSuva<rreu9eTûv£txu(i>v{b)v (DiODOR., XIX, 67).
') La position géographique d*Agrinion résulte de la marche décrite par Polybe (V, 7) : la ville est sur la rive droite de l'Achéloos, comme Stratos sur la rive gauche, au dessus des lacs d'eau douce et des marécages.
*) Dîodore dit : « après qu'il eut franchi VHébros » . A vrai dire, nous ne connaissons aucun fleuve d'IUyrie portant ce nom ; cependant, je ne voudrais pas corriger le texte de l'auteur et lire Apsos avec Wesselino, ou Drinos avec Palmier, attendu que THébros pouvait bien être un des petits affluents de l' Apsos.
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faire pour la restauration de la royauté en Épire et de ne prêter aucune assistance aux adversaires de Cassandre. Il poursuivit sa marche du côté d'Épidamne ; arrivé h une heure de marche de la ville, il envoya quelques troupes faire une incursion dans les montagnes de rillyrie, pour y brûler les villages des hauteurs. Les habitants d'Épidamlie, qui s'étaient attendus à une attaque de leur ville, retournèrent tranquillement à leurs champs, dans la pensée que tout danger était passé; mais Cassandre démasqua les troupes qu'il avait gardées auprès de lui et surprit les citoyens : près de 2,000 furent faits prisonniers. Les portes de la ville étaient ouvertes ; Cassandre s'en empara et y laissa une garnison *.
Cassandre retourna en Macédoine : il avait conquis les deux points les plus importants sur le littoral de la mer Ionienne; il pouvait espérer que, de cette façon, il s'assurerait lapossession de TÉpire et tiendrait en. respect les peuples de Tlllyrie. Bien que, aussitôt après son départ, les Étoliens eussent forcé la ville forte d'Agrinion à capituler et, en dépit du traité conclu, mis à mort les Acarnaniens qui y étaient renfermés, sa cause avait pris en Europe une telle prépondérance pour le moment, qu'il put se préparer à aller au-devant de ses ennemis en Asie-Mineure; il espérait de cette façon empêcher d'autant plus sûrement Antigone d'entreprendre quelque chose de sérieux en Europe.
Il ne parait pas qu'il se soit passé des événements importants en Asie-Mineure depuis l'automne de 315, époque à laquelle le stratège Ptolémée avait envahi la Lydie et menaçait la Carie : du moins, les auteurs ne disent rien, si ce n'est que Ptolémée menaçait les villes de la Carie. Il avait sans doute été arrêté par les forces supérieures d'Asandros, avec lequel Myrmidon, à la tête d^une armée considérable, avait fait sa jonction. Cassandre réussit à jeter en Asie une armée sous Prépélaos, qui se joignit à Asandros : en même temps il envoya à Démétrios à Athènes, et à Dionysios, le gouverneur de Munychie, l'ordre d'expédier sur-le-champ vingt navires à rîle de Lemnos^, qui s'était déclarée pour Antigone. Aristoto
») Justin., XV, 2. Poly.en., IV, 11, 4.
') Ainsi donc, Athènes a encore comme autrefois sa floUe, et avec sa