CAPITULATION DE TYR [III
pour essayer un coup de maiu sur les cantonnements de l'ennemi. Ptolémée fut instruit par des transfuges du dessein de l'ennemi ; il revint aussitôt auprès de ses troupes, fit sortir 8,300 fantassins et 600 cavaliers de leurs cantonnements, surprit inopinément dans le silence de la nuit les ennemis mal retranchés et* mal gardés, et les batlit si complètement qu'Eupolémos fut fait prisonnier et les autres forcés de so rendre. Après ce brillant succès, il retourna dans ses quartiers d'hiver; il avait obtenu, au moins ce résultat, d'avoir pu se maintenir en face des forces supérieures de ses ennemis, et les affaires en Syrie avaient pris une telle tournure qu'il pouvait espérer recevoir bientôt de là des renforts considérables.
Après un siège de quinze mois, Antigone avait enfin, dans le courant de l'été, forcé à capituler la ville insulaire de Tyr, où la disette avait atteint son comble. Après la sortie du petit nombre de troupes qui restaient de la garnison égyptienne, il y avait fait entrer des forces suffisantes*. Comment Ptolémée, avec ses forces navales, n'avait-il pas fait les derniers efforts pour conserver ce point si important ? Attachait-il plus d'importance à l'Archipel qu'à cette reine de la c6t« phénicienne? ou croyait-il, en perdant cette ville, perdre moins qu'Antigone ne gagnait en s'en emparant? Non seulement Antigone était devenu l'égal du grand Alexandre en imitant un de ses exploits les plus vantés, mais, après la prise de Tyr, il pouvait se regarder comme ayant achevé la conquête de la Syrie. Cette conquête avait d'autant plus d'importance pour lui que sa flotte, sans être inférieure en nombre à celle de ses adversaires, ne pouvait néanmoins se risquer encore à se mesurer avec elle : elle était à peine créée; elle avait besoin des'exercer, de faire de nouvelles recrues que les côtes phéniciennes mettaient tout particulièrement à sa portée.
Antigone évitait encore d'engager d'une manière décisive la guerre maritime ; en ce moment justement, la puissance d'Asandros en Asie-Mineure prenait un tel développement, ses forces étaient tellement accrues par Myrmidon et Prépélaos,
•) DiODOR., XIX, 61 .