‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 214 sur 457 · OL. cxvi, 3] anticone ex phrygie · texte numérisé non relu

OL. cxvi, 3] anticone ex phrygie

que le valeureux stratège Ptolémée avait peine à se maintenir en face d'elles. Aussi Antigone se hâta-t-il, après la chute de Tyr, de marcher sur T Asie-Mineure ; mais, dans le même temps, on avait k craindre une attaque contre la Syrie du côté de rÉgypte. C'est pourquoi on laissa pour surveiller le pays une armée considérable, composée de 2,000 Macédoniens, 10,000 mercenaires étrangers, SOOLyciens et Pamphyliens, 400 frondeurs perses, 5,000 cavaliers, plus de 40 éléphants : le commandement supérieur fut donné par Antigone à son fils Démétrios, alors âgé de vingt-deux ans*, qui s'était déjà montré un commandant capable. Il mit à ses côtés un conseil, de guerre composé de quatre vieux généraux expérimentés : c'étaient Néarque, TOlynthien Audronicos, Philippe et Pithon, fils d'Agénor, qu'on avait rappelé pour cela de sa satrapie de Babylone. Antigone se mit en marche avec le reste de l'armée à la fin de l'automne de 314, traversa au prix de mille difficultés la Cilicie par les passages du Taurus, déjà encombrés parlesneiges, puis continua sa marche vers la Phrygie, où il prit ses quartiers d'hiver dans le pays de Célaense. En même temps, la flotte occupée jusque-là près de Tyr avait pris la mer sous le commandement de Médios : elle avait capturé une escadre de 36 navires venant de Pydna et croisait maintenant dans les eaux de la mer Egée*.

Nous sommes au commencement de l'année 313, la troisième de la guerre. Jusqu'alors Lysimaque, quoiqu'il fût l'un des coalisés, était resté sans prendre part à la guerre ; il semble que les événements que nous allons raconter, et qui se déroulent en partie dès l'année 314, l'empêchèrent d'entreprendre quoi que ce soit en Asie ; il est possible aussi que, pour lui faire obstacle, Antigone ait engagé les villes grecques de la rive occidentale du Pont à se souvenir qu'elles avaient été sous Philippe et Alexandre des villes libres de l'empire, et que, en vertu de ses fonctions de vicaire de l'empire, il ait

(DioDOR., XIX, 69). Plularque (Demetr,. 5) et Appien (Syr. 54) donnent le même renseignement pris à la mémç source : par conséquent, Démétrios était né vers 337.

*) DiODOR., XIX, 69.

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promis de protéger leur autonomie. Quoi qu'il en soit, les citoyens de Callatis avaient chassé la garnison placée par Lysimaque dans leur citadelle et proclamé leur indépendance ; avec leur aide, les Istriens, les Odessiens et les autres villes helléniques de cette côte en avaient fait autant et s'étaient ligués entre eux pour défendre et conserver leur liberté : ils étaient entrés ensuite en relations avec leurs voisins de Thrace (Gètes)et de Scythie, et avaient ainsi constitué une puissance qui semblait dans tous les cas pouvoir opposer au satrape de Thrace une résistance suffisante. A cette nouvelle, Lysimaque accourut par le pays des Odryses, en franchissant THémos, et se présenta à Timprbviste devant Odessos; la ville fut investie, assiégée et réduite en peu de temps. De là Lysimaque marcha contre Istros, et, après que cette ville eut été soumise, elle aussi, sans beaucoup de peine, il se mit en route pour Callatis. Il rencontra en route les Scythes et les Thraces, qui lui barrèrent le passage : il se jeta aussitôt sur eux ; les Thraces, effrayés par la violence de Tattaque, acceptèrent avec empressement une convention qu'il leur offrit et abandonnèrent la cause de leurs alliés. Les Scythes voulurent courir la chance d'une bataille ; il les vainquit en bataille rangée et les poursuivit jusqu'au delà de leurs frontières. Il revint ensuite à Callatis, campa sous ses murs, investit étroitement la ville, et menaça d^extermination la cité qui avait donné le signal du soulèvement général. Alors arriva la nouvelle qu'une armée de secours, envoyée par Antigone, était en route, qu'une flotte commandée par Lycon était dans le Pont, et que Pausanias, avec des troupes nombreuses, était arrivé au temple qui s'élève à l'embouchure du Bosphore. Aussitôt Lysimaque courut avec la plus grande partie de son armée pour arrêter l'ennemi qui s'approchait ; en arrivant aux passages de l'Hémos, il les trouva barrés par des troupes thraces ; c'était le prince des Odryses, Seuthès, qui, dans l'espérance de reconquérir son indépendance première, s'était déclaré pour Antigone et avait réuni une armée suffisante pour couper Lysimaque de sa satrapie. Il s'engagea une bataille acharnée, sanglante pour les deux parties ; le satrape s'ouvrit ainsi la route de l'Hémos. Il courut au-devant de Pausanias, qui céda devant des forces

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