oL. r.xvi, 3J srccÈs d antigonk
supérieures et s'engagea sur un terrain difficile ; sa position fut bientôt prise d'assaut; Pausanias fut tué, le plus grand nombre de ses soldats faits prisonniers; les uns furent rendus à la liberté contre rançon, les autres incorporés à Tarmée victorieuse. Lysimaque se hâta de retourner au siège de Callatis, qui, soutenue par la flotte d'Antigone et par le prince du Bosphore Cimmérien, résista longtemps*.
Cette expédition de Pausanias, quoique non suivie de succès, suffît pour nous faire juger de la prépondérance que la puissance d'Antigone avait prise en Asie-Mineure. Nous ne savons pas comment et où la guerre y recommença ; il semble qu'Antigonê coupa Asàndros des armées de ses alliés, et qu'il fit reculer ces dernières au delà de la Lydie ; mais nous savons avec certitude qu'Asandros de Carie, pressé de toutes parts, finit par accepter une capitulation d'après laquelle il devait livrer tous ses soldats à Antigone, rendre leur liberté- aux villes grecques, accepter la Carie, dans les limites eu il l'avait possédée autrefois, comme un don d'Antigone, être fidèle et dévoué à ce dernier, et enfin donner comme otage son frère Agathon. Peu de jours après, le satrape se repentit de s'être laissé aller à accepter de telles conditions : il réussit à mettre en sûreté son frère, qui se trouvait déjà au pouvoir d'Antigone, puis il envoya demander de nouveau des secours à Ptolémée, à Séleucos et à Cassandre. Antigone fut extrêmement irrité en apprenant ce manque de parole d'Asandros. Il envahit aussitôt la Carie de plusieurs côtés; pour délivrer les villes grecques, il envoya le stratège Docimos* et le navarque Médios, qui firent leur jonction devant Milet, appelèrent la ville à la liberté, forcèrent la garnison de la citadelle à capituler et proclamèrent l'autonomie de la ville; contre lasos fut envoyé le stratège Ptolémée, qui força la ville à se déclarer pour Antigone ; Antigone lui-même arriva par la route de Tralles, s'empara de cette ville, descendit à travers la satrapie vers le sud, s'avança sur Caunos, où la flotte vint l'appuyer, et prit la ville, sauf la
*) DiODOR., XIX, 73. XX, 25.
*) Ce Docimos (Diodor., XIX, Ib) paraît être le partisan de Perdiccasqui lutta si longtemps contre Antigone; depuis l'an 315, Antigone défend la cause qu*il combattait si énergiquement auparavant.
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citadelle qui fut investie et assiégée*. L'histoire ne fait plus mention par la suite du satrape Asandros.
Pendant que ces événements se passent en Asie, la cause d'Antigone semble avoir subi de grandes vicissitudes dans le Péloponnèse ; il y envoya, sous le commandement de Télesplioros, une nouvelle expédition composée de 50 vaisseaux el de Iroupes nombreuses,avec mission de délivrer les villes grecques : il espérait, en renouvelant des efforts de cette nature, convaincre les Grées de l'intérêt sincère qu'il portait à leur liberté. Télesphoros aborde dans le Péloponnèse; quant à Aristodème et à son armée, il n'en est plus question. Polysperchon semble s'être ligué avec la veuve de son fils, pour se créer dans le Péloponnèse une souveraineté indépendante ; du moins voyons-nous Télesphoros lutter contre plusieurs villes occupées par les troupes d'Alexandre et les délivrer, en exceptait toutefois Sicyone et Corinthe, dans lesquelles Polysperchon se maintient avec des troupes nombreuses.
Vers le même temps, Cassandre avait envoyé contre les Étoliens une nouvelle armée sous les ordres de son frère Philippe ; celui-ci se joignit aux Acarnaniens et commença ses invasions dévastatrices au delà del'Achéloos, dans le territoire des Étoliens. On reçut alors la nouvelle qu'iEacide, expulsé par les Épirotes trois ans auparavant^ était rentré dans le pays et avait été accepté par ses anciens sujets, fatigués sans doute de la domination macédonienne ; ils demandèrent à Cassandre, maintenant que leur dissentiment avec le roi n'existait plus, de leur permettre de rétablir l'état de choses antérieur. Cette demande, naturellement, fut repoussée, et Philippe reçut Tordre de partir immédiatement contre iEacide el de l'anéantir avant qu'il eût eu le temps de se mettre en rapport avec les Étoliens. Philippe s'empressa d'obéir. Quoiqu'il eût affaire à une armée nombreuse et bien disciplinée, il commença aussitôt la lutte : la fortune se décida pour lui; beaucoup d'ennemis furent tués, beaucoup d'autres faits prisonniers, et dans le nombre, près de cinquante citoyens du parti qui avait fait revenir ^Eacidc : ceux-ci furent chargés de
*) DiODOR., XIX, 75.