‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 22 sur 457 · LES PROJETS D ALEXANDRE CASSÉS [I · texte numérisé non relu

LES PROJETS D ALEXANDRE CASSÉS [I

cherail au nouveau régime. Alexandre avait chargé Cratère de nombreuses et coûteuses missions : si on les lui laissait remplir, il fallait non seulement laisser à sa disposition des sommes énormes, mais encore mettre à contribution le Trésor royal dans une mesure que Pcrdiccas ne pouvait accepter sans déplaisir. Pour annuler les ordres d'Alexandre, Perdiccas, selon la coutume nationale, convoqua les Macédoniens en assemblée générale : il leur dit qu'il avait trouvé dans les papiers du roi * les plans que Cratère était chargé d'exécuter. Les projets furent lus successivement : on devait construire pour la campagne projetée vers TOccident une flotte de mille vaisseaux de guerre plus grands que les trirèmes : les docks, ports et arsenaux nécessaires seraient établis sur les côtes aux endroits les plus convenables, et on tracerait une grande route militaire le long des rivages de Libye jusqu'aux colonnes d'Héraclès. On devait ensuite favoriser autant que possible la fondation de villes nouvelles, et notamment la réunion des bourgades séparées en une seule enceinte fortifiée ; on faciliterait rémigration d'Europe en Asie et réciproquement, pour faire disparaître par toute espèce de mélanges et d'égalisation les différences entre les sujets asiatiques et européens. Enfin, on devait construire un certain nombre de gi'ands édifices, dont voici la liste : en l'honneur de Philippe de Macédoine et pour lui servir de monument funéraire, une pyramide aussi élevée que lu plus grande de l'Egypte ; six grands temples, qui devaient coûter chacun mille cinq cents talents, c'est-à-dire à Dion en Macédoine, en l'honneur de Zeus; à Amphipolis sur le Strymon, pour Artémis Tauropole; à Cirrhos en Macédoine pour Athèné; à Délos, k Delphes et à Dodone pour les dieux du pays, etc. Perdiccas fil remarquer que le Trésor avait déjà été fortement mis à contribution pour les funérailles d'Héphestion, dont il fit connaître la dépense : il était inutile do se mettre à construire la flotte et la route militaire de la Libye, puisque raisonnablement on ne devait plus songer à la campagne contre Carthage , l'Italie ou ribérie. Les Macédoniens laissèrent voir leur admiration pour

*) Iv toi; Oiro(Avr,tia<ji toO ^ol^jùàiù; (DioDOR., XVIII, i).

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