OL. r.xiv, 2; hoxane
les vastes plans d'Alexandre; mais, comme leur exécution ofTrait d^énormes difficultés et que les circonstances ne s'y prêtaient pas, on résolut d'annuler les dispositions du roi *. Quelques semaines à peine s'étsdent écoulées depuis la mort du grand roi, « depuis la fin de sa vie, celle du moins qu'il tenait des hommes^ ^), et comme son souvenir était déjà relégué à Tarrière-plan ! comme on s'écartait de la voie hardie qu'il avait si heureusement frayée I Dans toutes les résolutions roncernant l'empire, on sentait un mouvement de recul irrésistible et une action dissolvante. Sur un point seulement, tous étaient unanimes : chacun voulait tout sacrifier à son propre intérêt. Déjà les premiers symptômes de l'ambition et de la jalousie, les vieilles rancunes que la main ferme du roi avait si longtemps contenues, éclataient çà et là comme des éclairs annonçant la tempête. Et cela, non seulement dans Tannée et entre ses chefs. La reine Roxane, qui se trouvait près d'Alexandre à ses derniers moments, écrivit à la reine Statira, qu'il avait épousée à Suse, pour la prier de venir à Babylone et de s'y mettre en sûreté sous la protection du lieutenantffénéral et de l'armée. Quant elle fut venue, et avec elle sa sœur Drypétis, la jeune veuve d'Héphestion, les deux princesses furent traîtreusement assassinées. Avec elles s'éteignait la famille des rois de Perse : les cadavres furent jetés dans un puits que Ton combla ensuite. Perdiccas savait tout cela, et prêta même son concours^. Sur ces entrefaites, Roxane accoucha d'un garçon, qui fut acclamé par l'armée sous le nom de roi et d'Alexandre *.
*) DioDou., XVIII, 4. Il n'y a aucune raison de suspecter ces renseignements. Des plans de constructions de toute sorte, des mesures comme les transportations d'Asi«» et d'Europe, «nfin les immenses préparatifs pour une campagne d'Occident, sont tout à fait dans le goût d'Alexandre, et de pareils projets, conûrmés par des analogies antérieures, se trouvent indiqués à l'avance par une foule de dispositions, politiques et militaires, qui ont été signalées dans V Histoire (F Alexandre.
*) C'est une expression employée dans une inscription des Nasiotes : Stc 'AXUavôpo; SiâXXaÇev tov il àv6ptu7C(i)v pîov.
3) eiSÔTo; ToiOTa Ilepôixxoy xa\ ffvpwcpârrovToç (Plut., Alex, S. fin.). Plutarque, il est vrai, prétend que les meurtriers ont été soudoyés par Hoxane.
*) Arria.n., p. 69. 6. 16. A en juger par Tendroit où Arrien place ce renseignement, l'assertion de Justin (Xfll, 2), à savoir, que Roxane était en-
36 FUNÉHAILLES d'aLEXANDRE [I, 1
C'est à ce moment qu'eurent lieu les funérailles du roi *. La puissance macédonienne y apparut pour la dernière fois unie et en paix. Les nouveaux satrapes se rendirent ensuite chacun dans sa province : ils ne devaient plus se retrouver désormais que sur les champs de bataille.
ceinte de huit mois à la mort d'Alexandre, paraît plus exacte que celle de Q. Curce (X, 6, 9), qui parle de six mois.
*) C'est bien aux obsèques qu'Arrien (VII, 14) fait allusion, quand, à propos des 3000 acteurs qui jouèrent auprès du bûcher d'Héphestion, il dit : xat ouTOt oXîyov u<rr£oov in 'AXe^àvôsou tû> xi^ta Xlyouatv Ôxi TjywvtaavTO . Élien (Var, Hist., Vil, 8) semble précisément s'en référer à ce passage. Du reste, le départ des satrapes nouvellement nommés, notamment de Ptolémée et d'Eumène, probablement aussi de Léonnatos, paraît avoir été retardé au moins jusqu'en hiver.