‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 222 sur 457 · DÉMÉTRÎOS AVANT LA BATAILLE [III · texte numérisé non relu

DÉMÉTRÎOS AVANT LA BATAILLE [III

du désir de se mesurer avec Tennemi, qu'il avait cherché en vain en Cilicie, attendu en vain sur les frontières de la Syrie. Les vieux généraux déconseillaient sérieusement une lutte contre une armée de beaucoup supérieure en nombre et commandée par un chef aussi éprouvé : il valait mieux, disaientils, se tenir sur la défensive que de hâter une solution qui, selon toute vraisemblance, serait en faveur de l'adversaire. Malgré tout, Démétrios persista dans sa volonté : il savait qu'il s'exposait grandement en engageant sans son père cette action décisive, mais, malgré sa jeunesse, il voulait la risquer; il espérait que le succès lui donnerait raison. D convoqua l'armée en assemblée. Les soldats se réunirent tout en armes : comme il avait pris place sur une éminence au milieu d'eux et qu'il restait un instant silencieux et embarrassé, les soldats lui crièrent de se remettre de son émotion et déparier! Avant même que le héraut eût commandé le calme, un silence profond régna tout autour de lui. Alors Démétrios parla à la foulo avec la chaleur et la témérité qui lui étaient propres, avec le charme entraînant de la jeunesse qui croit, au premier grand succès, avoir gagné le droit de tout espérer de l'avenir: il ne dissimula pas qu'il se hasardait beaucoup, mais il se fiait à eux pour lui conquérir ses premiers trophées ; plus la force do Tennemi était grande, plus grande aussi serait la gloire du triomphe; plus les généraux de l'armée ennemie, tous deux lieutenants éprouvés d'Alexandre, étaient célèbres, plus il serait glorieux pour lui, jeune homme, de les battre. D ne demandait que la gloire et^abandonnait le butin aux troupes ; pour le rendre digne de leur bravoure, il voulait le grossir par de riches présents. Les troupes répondirent au discours do leur jeune général par des cris de joie; elles étaient enthousiasmées pour leur héros, dans lequel elles croyaient revoir la figura d'Alexandre, la hardiesse et la grandeur d'Alexandre; il était leur favori ; personne n'avait à se plaindre de lui; on rejetait tout le mal sur son père, on attendait tout le bien de lui. Antigone était un vieillard; chacun savait qu'il ambitionnait lo diadème : dans ce cas, Démétrios était Théritier^du trône, et la fortune à venir dépendait de sa faveur; et pour quel [autre aurait-on plus volontiers fait des vœux? Achille pour la

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