BATAILLE DE GAZA [III
attaquât celle-ci d'abord, d'après l'usage ordinaire de la guerre. Lorsqu'ils reconnurent l'ordre de la ligne ennemie, ils changèrent rapidement leurs dispositions : ils placèrent à l'aile droite, où ils voulaient combattre en personne Démétrios, 3,000 cavaliers d'élile; pour se défendre contre l'irruption des éléphants, ils firent marcher en avant quelques pelotons porteurs de poutres munies de pointes en fer et reliées enlre elles avec des chaînes; derrière ces « épieux », de l'infanterie légère, qui devait accabler les animaux à coups de flèches et de frondes, au moment où ils arriveraient au trot, et faire tomber, si c'était possible, les cornacs et les autres hommes montés dessus. A l'aile droite ainsi disposée se reliait la phalange, à celle-ci l'aile gauche, composée de 1,000 cavaliers : celle-ci n'était inférieure que d'un tiers à l'aile ennemie placée en face d'elle.
Les renseignements qui nous sont parvenus ne nous mettent pas en état de savoir si Démétrios ne put et pourquoi il ne put profiter du moment de faiblesse dans lequel dut se trouver la ligne de bataille ennemie au moment de ce changemont de dispositions en pleine marche, ou si l'émotion que lui causait cette première grande bataille lui fit négliger cet instant précieux. Ce n'est que lorsque l'ennemi fut en ligne que le combat commença : les escadrons de Démétrios, qui étaient en première ligne, l'ouvrirent avec une grande fougue et avec le plus grand bonheur : ilà culbutèrent quelques corps ennemis et les poursuivirent. Pendant ce temps, les «escadrons de l'extrémité de la ligne égyptienne, qui dépassaient l'aile ennemie, tombèrent sur ses flancs* : la lance au poing, ils fondirent sur l'adversaire comme un ouragan ; les armes volèrent en éclats ; des deux côtés les blessés tombaient en grand nombre; mais les escadrons de Démétrios ne reculèrent pas. Les adversaires se rallièrent pour le deuxième choc et s'élancèrent Tépée nue ; il s'engagea un combat terrible, d*homme à homme : aucun ne céda; les généraux des deux armées étaient au milieu de la mêlée ; leurs paroles et leur exemple produi-
*) op6aî; Taîç rXat; (Diodor., XIX, 83, 4), c'est-à-dire par « escadrons en coloines », comme traduisent Kôchly et Rustow.