OL. ex VI, 4] défaite de dé^iétrios
saient des miracles de bravoure. Pour donner sans doute une tournure décisive à ce combat de cavalerie qui s'agitait incertain, ordre fut donné de faire avancer les éléphants : là Démétrios avait la supériorité sur son adversaire. C'était un spectacle effrayant de voir ces animaux gigantesques arriver au trot en faisant trembler le sol. Ils s'approchèrent de la palissade : une grêle de flèches, de javelots, de pierres de fronde les couvrit en sifflant, eux, leurs cornacs, leurs soldats montés ; les animaux ne coururent qu'avec plus de violence ; tout à coup ils s'arrêtèrent l'un après l'autre en hurlant do douleur et de rage ; c'étaient les pointes de fer des palissades qui pénétraient dans les parties molles de leurs pieds ; de nouvelles décharges de flèches et de pierres firent tomber plusieurs des cornacs : privés de leurs guides, les animaux blessés couraient çà et là, augmentant la confusion de la manière la plus désastreuse. Bientôt la redoutable ligne d'attaque dos éléphants fut en pleine débandade ; la plupart des animaux furent pris par les adversaires et le gros de la ligne de cavalerie ouverte à l'altaquo des Égyptiens victorieux. Déjà plusieurs des escadrons tournaient bride pour fuir ; c'est en vain que Démétrios, avec ceux qui tenaient encore autour de lui, tenta de rétablir la bataille. On ne nous dit pas ce que fit la phalange de l'infanterie dans ce moment critique, quels ordres elle reçut, ni si elle tenta de couvrir la retraite à laquelle Démétrios se vit forcé. Tout en reculant, il rallia les cavaliers, et c'est dans le meilleur ordre, en rangs serrés, que les escadrons se retirèrent par la plaine jusqu'à Gaza ; ils virent se joindre à eux les hoplites, tous ceux du moins qui avaient mieux aimé jeter leurs armes que de se rendre. Le champ do bataille, les morts et les blessés furent abandonnés à l'adversaire; au coucher du soleil, les débris de l'armée vaincue remontèrent vers Gaza et longèrent les reniparts de la ville, qu'il n'était plus possible de garder. Un corps de cavaliers entra en toute hâte dans la ville pour sauver les bagages de l'armée pendant cette retraite générale ; la quantité de bétail et de voitures, de valets d'équipages et d'esclaves qui se pressaient vers la porte avec bruit et désordre, permit à Tennemi, avant que la porte fût fermée ou la route barrée, de
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pénétrer tout à coup dans la ville, dont il s'empara ainsi que de presque tous les bagages.
Démétrios avait fui plus loin sans s'arrêter ; vers minuit, il At halte à Âzotos, à près de sept milles du champ de bataille*. Ses pertes étaient énormes et son armée complètement anéantie : près de 8,000 hommes, plus des deux tiers de son infanterie, s'étaient rendus prisonniers ; les autres avaient jeté leurs armes et perdu leurs bagages ; près de 5,000 hommes étaient tombés, et parmi eux notamment le noyau de la cavalerie, la plupart des « amis », et le stratège Pithon. D' Azotos Démétrios envoya demander aux vainqueurs un armistice pour ensevelir ses morts. Ptolémée lui fit répondre qu'il pouvait les enterrer, et lui renvoya ses amis prisonniers, ses serviteurs, sa cour et ses bagages : il ajouta que ce n'était pas pour ce prix qu'il combattait contre Antigone, mais parce que ce dernier n'avait pas partagé, selon les traités, avec ses alliés ce qui avait été conquis pendant la guerre faite en commun contre Perdiccas et contre Eumène, et qu'ensuite, en dépit du renouvellement de leur traité, il avait dépouillé Séleucos de
*) La date de la bataille n'est pas indiquée d'une façon plus précise. Nous savons qu'à la suite de cette bataille, Séleucos courut à Babylone et recouvra sa satrapie, et l'ère dite des Séleucides date du 1*' octobre 312 (Idbler, Handbuch der Chronologie^ I, p. 451). Mais on ne dit pas que le jour initial de l'ère soit le jour de la bataille de Gaza. Dans la première édition, j'ai cherché à utiliser, pour déterminer la date de la bataille, ce que dit Diodore (XIX, 85, 1), à savoir, que Démétrios, fuyant ittpX tjXiou ôvtiv, se trouva le jour même sous les murs de Gaza, et, continuant sa marche, atteignit iccpi jiédaç v\5xTa; Astod, qui se trouve à 270 stades de Gaza suivant Diodore, à 28 milles suivant V Itinéraire éPAntonin (p. 150). La longueur du chemin pourrait amener à conclure que la bataille s'est livrée au moment des plus longues nuits; d'après un renseignement qu'a bien voulu me donner M. Auwkrs, la différence entre les nuits les plus longues et les plus courtes est, pour la latitude de Gaza, de 4 h. 9 min. (14 h. 13 min. contre 10 h. 4 min.). Mais ceci ne nous donne pas un point de repère assuré pour résoudre le problème. On ne peut guère tirer un meilleur parti de la remarque d'un contemporain — c'est, il est vrai, Hécatée d'Abdère (fr. 22 ap. Joseph., Cf. Apion, 1,22) — à savoir que la bataille s'est livrée èvÔÊxdtTCD iftit tri; 'AXÊÇàvôpou TeXewTTjç. La onzième année après la mort d'Alexandre finit au commencement de juin 312, un peu avant la fin de 01. CXVI, 4. Castor (ap. Joseph., lac, cit.) place la bataille dans la OXYII® olympiade; mais c'est qu'il compte d'après le système des chronographes des basses époques, ou qu'il conclut de la date initiale de l'ère des Séleucides à celle de la bataille.