‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 228 sur 457 · SÉLEUCOS MARCHE SUR BABYLONE |11I · texte numérisé non relu

SÉLEUCOS MARCHE SUR BABYLONE |11I

vue, elles sont caractéristiques les paroles qu'on lui prête d'après une tradition qui remonte à Hiéronyme. Il ne con« vient pas, disait-il, à de vieux soldats, à des vétérans d'Alexandre, que le grand roi a distingués par ses louanges et ses honneurs, de ne se confier qu'au nombre des soldats et aux moyens financiers ; l'expérience et l'intelligence ont une bien plus grande valeur. Alexandre n'est-il pas lui-même la preuve qu'avec de petits moyens on peut faire de grandes choses? quant à lui, il était plein d'espoir; il ne se fiait pas seulement à la justice de sa cause et à ses forces, quoique petites par le nombre, mais la volonté des dieux lui avait plus d'une fois fait pressentir ce que la destinée lui réservait. L'Apollon de Milet l'avait salué du nom de roi; Alexandre s'était approché de lui en songe et lui avait prédit sa puissance future : n'étaitce pas du reste un présage significatif que d'avoir ramassé à la nage le diadème du roi, enlevé de sa tête par un coup de vent dans le lac des Tombes royales, et d'en avoir ceint sa propre tête*? Sans doute, il y aurait bien des fatigues, bien des dangers à surmonter, mais les grandes choses ne se font jamais sans peine ; il était aussi certain du succès que du dévouement de ses fidèles. Mais ce qui faisait encore plus d'effet que ces discours, c'était la sérénité et l'affabilité de Séleucos ; il s'entendait à gagner d'une façon absolue l'amour et le respect de ses hommes, et tous ses compagnons étaient prêts à vaincre ou à mourir avec lui*.

A Carrse déjà, à quelques journées de marche après TËuphrate» il réussit à gagner la garnison macédonienne qui l'occupait; il força par les armes d'autres postes à se soumettre et à le suivre. Aussitôt qu'il fut entré sur le territoire babylo*nien, beaucoup des plus riches habitants vinrent au-devant de lui et s'attachèrent à lui, en lui offrant tous les services qu'il pourrait leur demander ; chaque jour voyait s^augmenter le nombre de ceux qui accouraient à lui ; le peuple l'acclamait

') Voy. Hist. (TAlexandrey p. 725, 1.

*) DiODOR., XIX, 91. Appien (Syr, 56) cite d'autres présages, nolannnent le songe de l'anneau avec lancro. On sait que l'ancre fut le sceau de Séleucos et qu'elle se rencontre fréquemment sur les monnaies de ses successeurs. Le type dominant, dans les monnaies des Séleucides, est l'Apollon assis.

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