‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 235 sur 457 · MOTIFS DE LA PAIX [III · texte numérisé non relu

MOTIFS DE LA PAIX [III

années. Ptolémée avait perdu la Syrie; Cassandre, la plus grande part de son influence en Grèce, toute TÉpire, tout le Péloponnèse et toutes les villes de la mer Ionienne ; Lysimaque, paraît-il, n'était pas rentré en possession des côtes du Ponl-Euxîn, et Séleucos, qui avait remporté à Babylone de si rapides succès, se voyait, par l'invasion hardie deDémétrios, repoussé de son pays à peine reconquis vers les satrapies de l'Extrême-Orient. Encore plus grandes étaient les pertes d'Antigone : quand il avait commencé la guerre, il était maître de tout l'Orient, avec les forces duquel il avait espéré s'annexer toutes les possessions de l'immense empire d'Alexandre en Occident; et maintenant, après une lutte de quatre années, après avoir mis en œuvre des ressources immenses et fait des efi'orts surhumains, qu'avait-il gagné? Il n'avait pas même conservé avec ses limites primitives TAsie-Mineure, et cela au prix de combats répétés ; en Grèce, il ne lui restait guère plus qu'une influence douteuse ; il possédait encore la Syrie et une flotte qui n'était pas encore supérieure à la flotte égyptienne, mais l'Orient était perdu, ou du moins ne pouvait être reconquis que par une nouvelle guerre. Si Antigone, comme il semble, devait désirer la paix en Occident, afin de pouvoir de Babylone reconquise soumettre de nouveau les satrapies lointaines des régions de la Haute-Asie, comment ses adversaires, particulièrement Ptolémée, pouvaient-ils accepter une paix avec des conditions rien moins que favorables, dans un moment où la situation de l'Orient semblait aussi favorable que possible à la continuation de la guerre ? La puissance de l'Egypte était encore presque intacte; Séleucos, que la défaite de Nicanor avait rendu maître des provinces supérieures, pouvait accourir sur le Tigre avec des forces importantes; il lui était facile alors de culbuter la garnison laissée par Démétrios, d'autant plus facile, que Démétrios, par ses dévastations en Babylonie, n'avait fait qu'exalter la haine générale dont son père et lui étaient l'objet, car il avait donné pour ainsi dire la preuve qu'il ne s'agissait pour lui que d'abandonner le pays à l'ennemi en le mettant dans l'état le plus misérable possible ^ Dans le cas

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