‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 247 sur 457 · HÉRACLÈS PRÉTENDANT [III · texte numérisé non relu

HÉRACLÈS PRÉTENDANT [III

La situation semble avoir pris celte tournure en Occident pendant qu'Antigone combattait encore en Orient. Il envoya aussitôt son plus jeune fils Philippe contre Phœnix sur THellespont, Taîné Démétrios dans la Cilicie, afin de reprendre le plus tôt possible les villes de la côte occupées par Léonidas. Démétrios réussit à faire évacuer la Cilicie par les troupes égyptiennes. L'alliance nouée par Antigone avec le roi Nicoclés de Cypre semblait promettre des succès plus grands encore. Mais les événements les plus graves étaient ceux qui se passaient en Grèce, non peut-être à l'insu d' Antigone et sans sa connivence. Polysperchon y avait paru à Timproviste, réclamant le titre de roi pour Héraclès, le fils d'Alexandre et de Barsine. Il invita le jeune prince à quitter Pergame, où il vivait avec sa mère, et à venir auprès de lui en Grèce; il fit appel à tous ceux qu'il savait être dévoués à la maison royale et hostiles à Gassandre, les exhortant à s'unir à lui pour donner l'empire au dernier rejeton du sang d'Alexandre ; il écrivit à la ligue des Étoliens de Tappuyer de leurs forces, et leur promit des récompenses de toute' sorte lorsque Héraclès serait en possession du trône. Les Étoliens arrivèrent sans se faire prier, avec des forces considérables : c'est qu'il s'agissait pour eux de combattre ce Gassandre qu'ils détestaient, de gagner un riche butin et d^autres avantages. De tous côtés se réunirent les partisans de la maison royale et les ennemis de Gassandre : il y eut bientôt une armée de 20,000 hommes d'infanterie et de près de 1,000 cavaliers; l'or, les armes, les munitions de guerre abondaient et permettaient de continuer les armements ; de Macédoine vinrent aussi des nouvelles qui faisaient espérer le succès.

Cependant le roi Ptolémée d'Egypte avait eu vent des négociations secrètes du prince Nicoclès de Paphos * avec

^) Wesselino (ftd Diodor. XX, 21) pense, comme bien d'autres érudits du temps passé, que ce Nicoclès de Paphos n'est autre que Nicocréon, celui à qui Ptolémée avait confié le commandement en chef à Cypre. Enobl {KyproSj I, p. 368. 496) est aussi de cet avis. L'hypothèse s'accommoderait parfailement aux circonstances, mais elle est insoutenable, attendu que, d'après Plutarque (Alex. 29), Nicocréon était roi de Salamine, probablement le fils de Pnytagoras (ârrian., Ind, 18, passage où il faudrait peut-être corriger la leçon NiOaçàiv 4 nwroyépow SaXaiiivto;). Cf. ci-dessus, p. 314.

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