‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 248 sur 457 · OL. cx\iî, 2/3] fin de la dynastie de paphos · texte numérisé non relu

OL. cx\iî, 2/3] fin de la dynastie de paphos

Ântigone; il craignit pour la possession de File, où il savait que d'autres princes inclinaient à la défection et que ceux qui avaient été précédemment déjà ses adversaires tenaient des réunions ; il s'empressa d'étouffer le danger dans son germe. Il envoya deux des amis, Argios' et Callicrate à Cypre, avec mission de supprimer le prince Nicoclès. Tous deux mirent à la voile pour Cjrpre, y reçurent des troupes du stratège Ménélaos, cernèrent à l'improviste le palais du prince et y pénétrèrent en lui annonçant que tout était découvert et que Ptolémée lui ordonnait de se donner la mort sur-le-champ. Le prince essaya de se justifier, mais n'y réussit pas : il se pendit. Les frères du prince, désespérant de se sauver, se donnèrent aussi la mort. Lorsque l'épouse du prince, Axiothéa, apprit ce qui se passait, elle courut avec un poignard dans l'appartement de ses filles et les perça de coups , afin que leur corps virginal ne fût pas livré aux outrages des ennemis ; puis elle convoqua au palais les épouses de ses beaux-frères et leur déclara que la vie n'était plus d'aucun prix ; que, puisque la haine sanguinaire de l'Égyptien les poussait toutes à la mort, il valait mieux se la donner volontairement. Elles fermèrent la porte du gynécée et montèrent sur la terrasse de la maison; en bas, la foule, à la nouvelle de toutes ces horreurs, s'était amassée ; aux yeux du peuple, elles immolèrent leurs enfants dans leurs bras, mirent le feu aux charpentes, et, lorsque les flammes en jaillirent, les unes se précipitèrent dans le feu, les autres se poignardèrent : Axiothéa elle-même, après s'être mortellement frappée, se jeta mourante dans l'embrasement. C'est ainsi que finit la dynastie princière de Paphos*.

Si nous ajoutons encore à ces événements de l'année 310 la paix qui fut probablement conclue entre Antigone et Séleu-

") Vu son âge, cet Argios ne peut être le fils de Ptolémée (Pausan., I, 7) : il faudrait admettre que Ptolémée avait eu cet enfant avant son premier mariage en 324. Quant à Callicrate, [on peut presque affirmer avec certitude que c'est le Samien Callicrate, fils de Bascos, que Ton rencontre dans les inscriptions de Délos publiées par Homolle {Bull, de eorresp. hellén,, IV, p. 320 sqq.). J'ai donné des détails plus précis sur les deux personnages dans le mémoire Zum Finanzwesen der P^o/ewwïcr (Sitzungsber. der BeH. Akad., 2 febr. 1882).

«) DlODOB . , XX , 21. P0LY>EN. , VIII, 48.

Page 1