ÂGATHOCLE KK AFHIQIE
une grande armée en Sicile; Agathoole fut heureux dans les commencements, mais ensuite il fut battu, abandonné par tous ses alliés et forcé de se retirer dans Syracuse; toute la Sicile, àTe^cception de cette seule ville forte, était entre les mains des Carthaginois. Alors Agathoole conçut le dessein hardi de passer en Afrique et d'attaquer les Carthaginois dans leur propre pays, tandis qu'une garnison suffisante, sous les ordres de son frère Antandros, devait défendre Syracuse. Il se procura autant d'argent qu'il lui fut possible; les trésors des temples, le patrimoine des orphelins, les caisses des négociants, le superflu des riches, tout fut confisqué; le moindre murmure était puni avec la dernière rigueur; on ramassa de tous côtés des vaisseaux et des provisions; on choisit les meilleurs des mercenaires, et les cavaliers reçurent Tordre de se tenir prêts avec leur armes, leur équipement et leur harnachement : c'est dans Tété de 310 que cette expédition aventureuse s^embarqua sur 60 vaisseaux, qui échappèrent heureusement à la flotte punique. On aborda sur la côte libyenne, à l'endroit qu'on appelait les Carrières : un sacrifice fut offert aux divinités de la Sicile, Démèteret Perséphone, et la flotte fut livrée aux flammes en leur honneur. Maintenant il fallait vaincre. Tout concourait à faciliter la tâche de l'audacieux conquérant et à allumer les convoitises de son armée mercenaire; lepays entier était comme un jardin, couvert des magnifiques maisons de campagne des riches négociants carthaginois : ici de^ vignobles, des bois d'oliviers, des parcs artistement arrosés; là de belles prairies, de plantureux pâturages avec des troupeaux de bœufs d'une grande beauté» des champs de blé, des forêts bien entretenues ; à l'arrière-plau, les montagnes; tout ce paysage, parsemé de villes, offrait l'image riante de la paix la plus profonde. Bientôt on fut maître des points les plus rapprochés; Agathoole occupa aussitôt la plaine, pour attendre les Carthaginois et les forcer à livrer bataille. L'Élat, sous un sévère gouvernement aristocratique, constamment divisé en partis par la jalousie d'un petit nombre de familles en possession de fortunes princières, dirigé avec ime extrême pré voyance et une sévérité méfiante par une sorte d'inquisition d'Elat, comme celle qui se forma plus tard à Venise dans des