AGATHOCLE DEVANT CARTHAGE [III
conditions semblables, mit en campagniB deux armées, commandées par des généraux pris dans deux familles ennemies : les généraux devaient se surveiller Tun Tautre. Hannon périt dans la bataille; Bomilcar s'enfuit, pour être plus sûr,unefojsde retour à Carthage, d'être nommé seul et unique commandant. La victoire donna au Syracusain un butin immense et de nouvelles conquêtes; il marcha contre Tunis pour l'assiéger en 309. Carthage était dans la consternation : on enleva les ornements d'or des temples' pour les envoyer à Tyr, la métropole ; on croyait que les dieux étaient irrités parce que depuis longtemps on avait nourri et immolé des enfants étrangers au lieu des plus chers parmi les enfants des familles indigènes ; les autorités choisirent deux cents enfants des premières familles et les placèrent dans les bras ardents du Moloch punique : les parents en immolèrent volontairement près de trois cents.
Agathocle était déjà en possession de la plaine ; il avait occupé les montagnes qui entourent Carthage ; plus de deux cents villes du littoral lui avaient rendu hommage. Mais il n'osait pas encore attaquer la capitale, ville très populeuse et solidement fortifiée ; il se rendit dans le pays haut pour le soumettre. Les meilleures nouvelles venaient de Sicile : non seulement Syracuse s'était bien tenue, mais les assiégeants étaient repoussés, leur général avait été pris, exécuté, et on envoyait sa tête à Agathocle. Ce dernier investit la capitale de plus en plus étroitement ; les Carthaginois, qui avaient essayé de faire une sortie, furent repoussés avec les pertes les plus sanglantes. L'année suivante, une deuxième victoire d'Agathocle, en anéantissant les 1,000 Grecs qui formaient le noyau de l'armée carthaginoise, sembla avoir enfin épuisé la puissance de l'adversaire au point qu' Agathocle put croire à la possibilité d'un assaut sur Carthage. Son armée ne lui parut sans doute pas suffisante pour cette lutte suprême et difficile : il lui fallait un grand nombre de nouveaux mercenaires. Mais où les trouver si vite?Laflotte punique commandait encore la
*) xoli ex Tfi^v Up&v xp^<Tc«v>; vâouc (DioDOR., XX, 14). Nous ne saurions dire si celaient précisément des « modèles » de temples.