OL. cxvn, 4] ophélas et agathocxe
mer, de sorte qu'il ne pouvait faire venir des soldats ni de la Sicile, ni de la Grande-Grèce, ni du Péloponnèse; il hésitait à enrôler des hon)mes dans les tribus africaines, qui manquaient de l'essentiel, c'est-à-dire de l'habitude des armes*. Agathoch» finit par trouver un excellent expédient.
En 34 2, comme il a été dit, Ophélas*, gouverneur de Cyrène pour Ptoléméc Lagide, s'était révolté, en s'appuyant sur lantipathie souvent exprimée des Gyrénéens pour la domination égyptienne : les démêlés de Ptolémée avec Antigone lui avaient permis de maintenir sa situation; il se peut que, dans la paix de 3H, la liberté de la Pentapole ait été reconnue avec celle de tous les Élats grecs, sans que la chose eût paru incompatible avec la domination d'Ophélas'. Dans les années suivantes, Ptolémée n'avait pas eu le loisir dépenser à reconquérir la Cyrénaïque; il lui importait davantage de gagner les États helléniques de r Asie-Mineure et de la Grèce en jouant le rôle do libérateur. Pendant ce temps, la puissance d'Ophélas grandissait, et sa domination s'étendait jusqu'à l'autel des Philènes, la frontière punique, dans l'angle sud-est de la grande Syrte; il avait à son service une nombreuse armée de mercenaires et songeait à étendre sa puissance au delà. C'est en ce moment qu'Orthon vint de Syracuse à Cyrène en qualité d'ambassadeur, et l'invita, au nom de son maître, à faire la guerre aux Barbares; Agathocle était disposé, en retour, à lui céder toute la Libye : il se contentait de la Sicile, et n'avait porté la guerre en Afrique que pour ne pas être plus longtemps gêné ou
*) Sur ces événements, nous n'avons, en fin de compte, que les relations de Diodore et de Justin, qui proviennent l'une et l'autre de Douris.
') Sur cet Ophélas, en dehors de ce qui a été rapporté au cours delanarration (ci-dessus, p. 100.336.364), nous n'avons à peu près aucun renseignement. On voit par Arrien {Ind, 18) qu'il était natif de Pella, fils de Silénos, et qu'il avait pris part en 325 aux triérarchies pour la flotte de l'Indus. Ophélas rOlynthien, mentionné dans [Aristot.], CEconom. II, 36, n'est pas, par conséquent, celui de Pella.
3) Justin (XXII, 7) et Orose (IV, 1, 6) appellent Ophélas regem Cyrenes, ce qui ne doit pas être une inexactitude. Diodore (XX, 40) dit xupieuwv tôv icepV Kupi^vtjv ic6Xeeav ; Plutarque {Demetr, 14), Kupi^vtj; àpÇavxa. On avait dû songer naturellement à restaurer l'ancienne royauté des Battiades, qui n'existait plus, il est vrai, depuis 150 ans, mais sous laquelle le pays avait été grand et prospère.
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menacé dans la possession de cette île magnifique ; .s'il était ambitieux, Tltulie plus voisine )ui servirait à étendre sa domination, tandis que la Libye était séparée de la Sicile par une mer immense et dangereuse; il ne songeait pas à réunir ce que la nature avait séparé ; à Cyrène revenait de droit la souveraineté de la Libye. Ophélas écouta ces ^discours et d'autres semblables de Tenvoyé avec la plus grande satisfaction ; il envoyaavec lui des ambassadeurs à Agathocle pour contracter une alliance et s'empressa de faire des préparatifs ; il envoya aussi à Athènes pour inviter la ville à une alliance, car son épouse Eurydice était une Athénienne do la famille de Miltiade^, et, du reste, la ville était bien disposée pour lui, à cause de différentes attentions qu'il avait eues pour elle. Beaucoup d'Athéniens, quantité d'Hellènes d'autres villes, suivirent ses recruteurs : ils se promettaient un riche butin dans Topulent pays des Carthaginois ; ils espéraient obtenir des clérouchies dans la partie la plus fertile de la Libye; ils désiraient vivement émigrer et quitter pour toujours leur malheureuse patrie, qui ne semblait plus pouvoir leur offrir ni le repos, ni la liberté, ni même l'espérance.
Lorsque les prépai*atifs furent terminés, Ophélas marcha avec son armée vers l'ouest : il avait plus de 10,000 hommes d'infanterie, 600 cavaliers, 100 chars de guerre montés par plus de 300 conducteurs et combattants. Outre ces troupes régulières, il avait environ 10,000 de ce qu'on appelait des irréguliers : beaucoup d'entre eux emmenaient leurs femmes et leurs enfants; on eûtcruvoir une immense colonie cherchant d'autres pénates. Après dix-huit jours de marche, on atteignit Automala, la dernière ville du territoire cyrénéen. On suivit ensuite une vallée bordée de rochers et on pénétra dans le désert de la Syrte, en passant devant la caverne dite de Lamia. Le manque d'eau et de vivres, une chaleur torride, les bêtes féroces qui suivaient l'armée et dévoraient les traînards, des serpents venimeux, de la couleur du sable du désert et échappant aux
«) ^MiXtiàeou |ièv àniyovo; ToO naXaioO (Plut., Demrtr. 14), C'était peutêtre une fille du Milliade qui fut IVcxtotTi; de la colonie attique envoyée dans l'Adriatique (Bockh, Securkunden, n* XIV a, p. 222 et 245).