OL. ex vin, 1] mort d'ophélas
regards pour blesser d'autant plus sûrement; bientôt après, des fièvres mortelles, l'épuisement des troupes, une mortalité effrayante, le découragement général : telles sont les épreuves que traversa Ophélas dans une marche de plus de deux mois, jusqu'au moment où il amena son armée à Agathocle. Il établit son camp à côté de celui des Syracusains. Agathocle envoya des vivres en quantité, pour permettre aux troupes alliées de se remettre de leurs souffrances, et donna à Ophélas, comme une sorte d'otage, son fils Héraclide, jeurte homme d'une grande beauté: sachant qu*Ophélas était adonné au vice contre nature de la pédérastie, il recommanda à son fils d'être aimable avec Ophélas, tout en lui résistant, et d'attendre un . jour déterminé par lui pour accorder au prince les dernières faveurs. Lorsque presque tous les soldats cyrénéens se furent dispersés dans le pays, à la recherche du fourrage et des vivres, Agathocle réunit son armée : Ophélas est un traître, lui dit-il ; il abuse de l'enfant qui lui a été confié; ce n'est pas dans l'intérêt général, c'est dans son propre intérêt qu'il veut combattre. Après ces accusations et d'autres semblables, il fit prendre les armes à ses troupes et les conduisit contre le camp des Cyrénéens : Ophélas tenta en vain de se défendre ; il périt en combattant*. Privées de leur chef, les troupes de Cyrène furent obligées de se rendre et entrèrent au service d'Agathocle. Il envoya à Syracuse ceux qui étaient impropres au service : une tempête dispersa les vaisseaux, dont beaucoup coulèrent bas; d'autres furent brisés contre les îles Pithécuses; un petit nombre seulement gagna la Sicile*.
Il n'est pas intéressant pour nous de suivre les opérations de la guerre autour de Carthage^; les entreprises d' Agathocle échouent à partir de ce moment: Tannée suivante, il est forcé de se rendre à Sélinonte, pour réprimer des insurrections en
«) DiODOR., XX, 40. 42. Theophr., Hi$t. plant. IV, 3. Poly^bn., V. 3. Justin (XXII, 7) dit : itaque oum ad belli societatem citm ingmti exercilu, ipse venisset^ Agathocle^ blando adloquio et humili adtiiationey cum smpius simul tœnoisent adoptatuique filius ejus ab Ophella es$€tf ineautum interfecit.
«) DiODOR., XX, 44.
') Je renvoie à rexcellent ouvrage de Holm (Geschichte SiciUenSi II, p. 287 sqq.), en me contentant de Taire observer que, d'après Zech (Astronom. Untersuchungen^ 1853, p. 34 et 47), l'éclipsé de soleil survenue au
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Sicile; revenant en toute hâte en Afrique, il subit une grave défaite, suivie d'un soulèvement de ses troupes ; il part secrètement, laissant à Tarmée ses deux fils; ces derniers voient les troupes cyrénécnnes se révolter contre eux; le jour anniversaire de la mort d'Ophélas, elles massacrèrent les deux jeunes gens.
Par Texpédition lointaine d'Ophélas, la Cyrénaïque avait perdu son souverain, sa direction et la plus grande partie de sa puissance. C'est sans doute cette nouvelle qui avait décidé le Lagide à revenir du Péloponnèse dans son royaume. Son traité avec Cassandre, d'après lequel les deux chefs se reconnurent réciproquement la possession des États grecs qu'ils occupaient, montrait assez clairement qu'il voulait cesser d'être le champion de la liberté hellénique. Cyrène était naturellement le premier objet de ses soucis et de ses vœux : c'était ou jamais le moment favorable de la reconquérir. Il envoya, son beau-fils Magas* avec une armée pour occuper de nouveau le pays : sa soumission s'effectua sans lutte sérieuse ; toute la contrée jusqu'au Catabalhmos, la frontière de l'Egypte, semble avoir été replacée sous l'autorité de Ptolémée.
début de l'expédition d'Afrique (Diodor., XX, 5,5) tombe le 10 août 310, et qu'Agathocle rentra au pays après quatre années de guerre (Î?to; TéxapTov icoXe|M\S|avoc ... eXocOev evicXeuaot; xolxol ttjv Suatv tr;; nXetàSoç, ;(ei|i£bvoc ovtoc* DiODOR.. XX, 69, 5), c'est-à-dire en novembre 306.
*) ïxgi icépiTtt) \uxk TTiv aii6<rca(nv [de 312] exke Kupr,vtjv (Pausan., I, 6, 8). Dans Pausanias, il est vrai, le fait se trouve placé après la bataille dlpsos ; mais, comme le remarque avec raison Thrigb {Res Cyren. p. 217), c'est bien ici qu'il faut le mettre. Magas était un fils de ce Philippe — probablement fils d'Amyntas — qui commandait une phalange en 334 (Arrian., I, 14, 2) ; sa mère, Bérénice, femme distinguée par son esprit et ses qualités, était venue en Egypte pour accompagner Eurydice, fille d'Antipater, que celui-ci envoyait épouser le Lagide. Elle était la petite-nièce d'Antipater, la petite-fille de son frère Cassandre ; sa mère s'appelait Antigone (Schol. Thbocrit., XVII, 61). Le même scoliaste (t6û2., 34) appelle son père Lagos, de sorte qu'elle serait sœur de père de Ptolémée. Du reste, Ptolémée n'eut pas besoin pour l'épouser de se séparer d'Eurydice, la sœur de Cassandre ; Bérénice l'accompagnait déjà à titre d'épouse dans l'expédition maritime de 309 ; elle mit au monde dans Tile de Cos Ptolémée Philadelphe, et elle avait déjà eu une fille en 316. D'après l'expression d'Agalharchide (Athen., • XIÎ, p. 550) : Mdtyav potmXsuaotvTx KupTQvrj; if-rr) irevtiQxovTa (jusque vers 260), on pourrait croire que Magas portait déjà le titre de roi ; c'est l'avis de Thriqe (p. 223) et la chose n'est pas en soi invraisemblable, attendu qu'il y avait encore d'autres rois soumis à Ptolémée (cf. Philcmon, J*y. incert. 50).