‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 258 sur 457 · OL. cxviii, 1] les éléments de la crise · texte numérisé non relu

OL. cxviii, 1] les éléments de la crise

Il n'est guère possible d'admettre qu'il n'y ait pas eu de négociations entre les chefs sur tout cela. Elles ne pouvaient servir pourtant qu'à accentuer la contradiction. A supposer que d'un côté on eût proposé un congrès, pour amener ou une sentence arbitrale* ou une entente, comme celle qui se fit entre les principaux chefs aussitôt après la mort d'Alexandre , il ne pouvait manquer de se produire de Tautre côté une protestation contre la compétence d'un tribunal arbitral et l'opportunité d'un congrès pour lequel on n'avait ni forme arrêtée ni base in* contestée. On aurait pu recourir à la prérogative traditionnelle des Macédoniens, de confirmer par leurs acclamations le droit de celui qui héritait de la couronne, et, par analogie, maintenant qu'il n'y avait plus d'héritier vivant, accorder aux Macédoniens en armes le droit d'élire librement un nou-* veau souverain ; maisil y avait là manifestement une pétition de principe, le postulat de l'empire, qui, d'après ses adversaires, avait cessé d'exister avec le sang royal. Dit reste, à quels Macédoniens de vait-on reconnaître ce droit ? Serait-ce à la soi-disant armée impériale que commandait Antigone? Sans doute, les Macédoniens d'Antigone avaient autrefois mis en accusation et proscrit Cassandre; mais ni Cassandre ni ses amis n'avaient reconnu ce jugement , et Antigone lui-même , en acceptant la paix de 311, avait dû le méconnaître de fait. Alors devait-on convoquer tous les Macédoniens en armes ? Chaque potentat avait des Macédoniens dans son armée, sur ses territoires, jusqu'aux clsitaractes du Nil et jusqu'aux forteresses de la frontière sur l'Indus et l'Iaxarte ; comment chacun d'eux aurait-il pu permettre à ses Macédoniens de se réunir, comme relevant immédiatement de l'empire, pour établir une autorité suprême sur laquelle personne n'avait de prétention légitime et dont le droit et la puissance avait passé aux différentes fractions de la nation?

Il y aurait eu un moyen de prévenir la redoutable collision qui était visiblement imminente . On peut être certain que le Lagide n'aura rien négligé pour le recommander. Antigène, avec ce qu'il détenait de territoire , avait le rôle le plus difficile : en effet, il s'agissait pour lui de forcer à faire ses volontés ceux qu'il ne pouvait considérer que comme des usurpateurs.

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