OL. cxviii, 1] état du monde grec
chaque foia qu'on eu avait essayé, elles n'avaienl pu prendre racine dans ce monde grec, qui ne connaissait que le particularisme et la vie municipale. Ces mêmes qualités qui rendaient les Grecs si incomparablement aptes à devenir le levain, le ferment qui allait transformer les peuples de TAsie et les pousser en avant, les rendaient incapables de suivre, dans des États indépendants, le développement de la vie nouvelle ; les types traditionnels de leur organisation sociale, en contradiction avec les théories des hommes politiques, les tendances du temps, les vœux et les idées des particuliers, et même avec les ressources et les moyens de ces petits États, étaient devenus des formes vides et gênantes, quelque chose de paralysé et de paralysant, une fiction mensongère, méprisable et méprisée.
L'histoire nous a transmis de nombreux symptômes de la confusion des affaires helléniques à cette époque. Tous les pailis en vue sur la grande scène politique ont en Grèce des adhérents; leurs luttes s^y répètent en petit : ici comme là on voit se succéder du jour au lendemain les victoires, les défaites, des victoires nouvelles, des vengeances sanglantes, des représailles furieuses. Des généraux étrangers y paraissent, pillent le pays, s'en vont; d'autres les suivent pour punir, piller de nouveau, et laisser ensuite les partis à leur exaspération réciproque. Des tyrans, avec ou sans le nom ; des aventuriers qui ne cherchent que butin, domination, jouissances ; des bandes de mercenaires qui attendejit qu'on les enrôle ; des garnisons étrangères qui ne respectent ni loi ni morale, ni la propriété ni la sainteté de la famille ; des proscrits ramenés par la force des armes et placés par elle à la tête de l'Etat ; des traîtres gorgés de richesses ; les masses appauvries, immorales, indifférentes pour les dieux et la patrie ; une jeunesse assauvagie par le métier de mercenaires, usée par les filles de joie, détraquée par les philosophies à la mode ; une dissolution universelle, une agitation bruyante, une exaltation fiévreuse à laquelle succède déjà la détente et Thébétude, tel est le tableau déplorable de la vie grecque d'alors.
Heureuses les villes helléniques de TAsie-Mincure, de la Thrace, des iles, du Pont : leur liberté est déjà réduite à
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